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Au nord de Lyon, l’autoroute file dans la lumière rasante du samedi matin, puis quitte la plaine de la Saône pour s’enfoncer dans un pays de collines douces, de vignes et de pierres dorées. Le Mâconnais se rejoint en environ 1 h 15 depuis Lyon, une durée courte qui laisse presque tout le samedi disponible. Le seul vrai prérequis, c’est un véhicule : les villages sont éparpillés, et les routes qui les relient sont de celles que l’on aime conduire lentement.
Le trajet : l’A6, puis les routes de vignes
Nous avons quitté Lyon par l’A6 en direction de Mâcon, puis nous avons pris des départementales vers Cluny. Le vendredi soir, la sortie nord de Lyon est un goulot d’étranglement, et le samedi en milieu de matinée reste plus fluide. Il existe un train jusqu’à Mâcon, mais les villages de vignerons, Solutré, Vergisson ou Chaintré, sont mal reliés. La voiture s’impose donc, ou un covoiturage pour les groupes.
La dernière portion est un plaisir de conduite : routes sinueuses entre rangées de vignes, murs de pierre sèche, petits hameaux regroupés autour d’un clocher. Les durées sont à vérifier selon la circulation.
Samedi : Solutré, Cluny et les villages de pierre
La première étape, c’est la roche de Solutré. Se garer au pied, puis monter par le sentier qui grimpe vers le sommet, demande une demi-heure d’effort. À l’arrivée, la vue sur les vignobles, sur la Saône et, par temps clair, sur le Mont-Blanc, est large, presque irréelle. Cet éperon calcaire, où des chasseurs préhistoriques ont laissé des vestiges, donne une profondeur au paysage.
L’après-midi, direction Cluny. L’abbaye, jadis la plus grande de la chrétienté, n’est plus qu’un ensemble de ruines, mais ses vestiges, son clocher octogonal et son musée racontent l’ampleur de ce qui fut. La ville, avec ses maisons médiévales et ses rues étroites, se visite à pied en une ou deux heures. Garer la voiture à l’extérieur du centre, puis marcher, reste la formule la plus simple.
Sur le chemin, nous avons fait une halte à Brancion, village médiéval perché, dont le château et l’église romane dominent la vallée. Les ruelles de pierre claire, les murs couverts de rosiers, donnent à l’ensemble une allure de décor, mais il est habité et vivant. Le déjeuner s’est pris à l’ombre d’une terrasse, avec un plat simple et un verre de vin local pour qui ne conduit pas ensuite.
Ce qui frappe ici, c’est l’harmonie entre la pierre et la vigne. Les villages sont bâtis d’un calcaire doré qui rougit au soleil couchant, les murets bordent les parcelles, et chaque hameau semble posé là depuis toujours. Entre deux étapes, il suffit de rouler lentement sur une petite route et de regarder : un lavoir, une chapelle romane isolée, un cabanon de vigne. La région se lit à vitesse réduite.
La lumière d’automne, quand les feuilles de vigne passent au rouge et à l’or, est particulièrement belle, mais le printemps et l’été offrent d’autres charmes. Quel que soit le mois, l’ambiance reste paisible, loin des grands flux touristiques, avec cette sensation de pays vécu avant d’être visité.
Où dormir
Le Mâconnais se prête aux chambres d’hôtes chez les vignerons, avec parfois une dégustation proposée le soir. Pour un week-end court, dormir près de Cluny ou dans un village proche de Solutré simplifie les trajets. Nous avons choisi une maison de pierre dans un hameau, avec un jardin et des petits déjeuners aux confitures maison. Les capacités sont limitées dans certains villages : réserver à l’avance est prudent, surtout en période de vendanges.
Dimanche : vignes, voie verte et marché
Le dimanche matin, la voie verte, ancienne ligne de chemin de fer reconvertie, relie Cluny à Givry et se parcourt à vélo ou à pied. Nous avons marché une portion près de Cluny, entre prés et bois, pour laisser le corps se réveiller sans fatigue. Plusieurs loueurs de vélos opèrent dans la région, mais il faut vérifier leurs horaires.
Ensuite, une rencontre chez un vigneron s’est imposée. Les domaines ouvrent souvent le week-end, parfois sur rendez-vous, et la dégustation se fait avec explications sur les cépages, notamment le chardonnay qui donne les vins blancs de la région. Pour celui qui conduit, la règle est simple : goûter, puis recracher, ou désigner un conducteur.
Le retour : une route courte, un dimanche soir calme
Le retour vers Lyon est plus facile que dans d’autres directions : la durée courte permet de repartir tard, après un dîner sans hâte. Nous avons pris la route en fin d’après-midi, avec les coteaux dorés derrière nous. L’A6 au sud de Villefranche peut ralentir le dimanche soir, mais la circulation reste généralement raisonnable. L’arrivée à Lyon, en début de soirée, laisse du temps pour sortir les bouteilles du coffre et ranger les affaires.
À savoir avant de partir
- Trajet d’environ 1 h 15 depuis Lyon, davantage les vendredis soir et les jours de départ en vacances.
- Prévoir un conducteur désigné si une dégustation est au programme.
- La montée de Solutré demande des chaussures adaptées : le sentier est caillouteux.
- Les domaines viticoles ouvrent à des horaires variables : vérifier ou appeler avant de se déplacer.
- En période de vendanges, les routes de vignes peuvent être partagées avec des tracteurs.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Ce week-end tient en peu de choses : une route, une colline, une abbaye et un verre de vin. C’est sans doute le meilleur argument pour la voiture, tant la région se découvre à son rythme.



