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Le coffre se referme sur un sac léger, le moteur tourne déjà, et les quais du Rhône défilent dans la lumière grise du samedi matin. Nous avions réservé une voiture de location près de la gare de la Part-Dieu, parce que le lac d’Annecy se découvre mieux sur ses routes que depuis un quai de gare. Départ de Lyon, trajet d’environ 1 h 45 en voiture selon la circulation, et un week-end qui commence vraiment dès que l’on laisse la rocade derrière soi.
Le trajet : sortir de Lyon sans y laisser une heure
Tout se joue à la sortie de la ville. Le vendredi soir, l’autoroute en direction de Chambéry et d’Annecy ressemble à une file continue de feux rouges, et l’on perd facilement de quoi dîner tranquillement. En partant le samedi tôt, la route se déroule d’une traite : la plaine de l’Isère, puis les premiers reliefs, puis cette bascule soudaine où les montagnes remplacent l’horizon plat. La dernière portion, après l’autoroute, se fait sur des départementales qui descendent vers l’eau.
Pour ceux qui n’ont pas de voiture, la location à la journée ou le covoiturage sont les deux options sérieuses. Le train relie bien Lyon à Annecy, mais il ne vous mènera ni au col, ni aux petits ports de la rive est. Ici, le véhicule fait partie du week-end : il permet de s’arrêter là où la vue s’ouvre, sans regarder l’horloge d’un correspondant. Compter une location pour deux jours revient souvent plus raisonnable que prévu quand on partage avec un ou deux amis, mais le prix change selon la saison, donc mieux vaut le comparer avant de réserver.
Samedi : la rive est, lentement
Annecy elle-même peut attendre. Nous avons pris la route de la rive est, celle qui serpente entre Menthon-Saint-Bernard et Talloires, avec le château de Menthon qui apparaît au-dessus des arbres. La route est étroite, parfois lente, et c’est exactement l’intérêt : on s’arrête sur un parking de bord de lac, on descend jusqu’à l’eau, on marche un peu. À Talloires, le port est minuscule, les platanes donnent une ombre épaisse, et l’on comprend pourquoi les peintres s’y sont succédé.
Le déjeuner se prend sans programme, dans l’une de ces auberges de village où l’on sert un plat du jour et des fromages de Savoie. L’après-midi, nous avons grimpé jusqu’au col de la Forclaz, d’où les parapentistes décollent. Même sans voler, le spectacle suffit : le lac en contrebas, turquoise, avec la ville de l’autre côté et les montagnes qui se superposent. Le stationnement près du col est limité, donc l’arrivée en milieu d’après-midi mérite un peu de patience.
En fin de journée, retour vers la vieille ville d’Annecy. C’est le moment où le canal du Thiou se vide de ses groupes et où les façades colorées de l’île du Palais retrouvent leur calme. Garer la voiture dans un parking souterrain en périphérie du centre, puis marcher, reste la meilleure solution : les rues étroites ne sont pas faites pour les moteurs.
Où dormir
Deux options se défendent. Dormir dans la vieille ville, c’est pouvoir sortir à pied le soir et traverser les quais quand la foule a disparu, mais le stationnement devient une affaire de parking payant. Dormir sur la rive du lac, du côté de Sévrier ou de Saint-Jorioz, offre davantage de calme, des chambres plus simples, et un accès direct à la piste cyclable qui borde l’eau. Pour un premier week-end, nous recommanderions plutôt la deuxième formule, avec une petite pension ou un hôtel familial à quelques minutes du bord de lac.
Dimanche : le lac vu de l’eau et des sentiers
Le dimanche matin appartient au lac. Une balade à vélo sur la piste cyclable qui fait le tour, ou plus simplement une marche sur le sentier de Sévrier, change la perception de l’espace. L’eau est d’une clarté étonnante, et l’on voit les galets jusqu’à plusieurs mètres de profondeur. Si la météo le permet, une baignade dans l’une des plages publiques reste possible hors période de forte fréquentation, mais l’eau reste fraîche presque toute l’année.
Pour un dernier détour avant de repartir, nous avons choisi le marché de la vieille ville d’Annecy, les jours où il se tient, avec ses fromages, ses tommes et ses saucissons. Rien de spectaculaire, mais l’occasion de remplir le coffre de produits qui rappelleront le week-end une fois à Lyon.
Le retour : éviter l’entonnoir du dimanche soir
C’est ici que beaucoup de week-ends s’abîment. Le dimanche en fin d’après-midi, la remontée vers Lyon concentre les retours de tout le massif. En quittant le lac vers 15 h, l’autoroute reste fluide ; à 18 h, elle ralentit nettement. Nous avons donc fait le choix de déjeuner tard au bord de l’eau, puis de repartir avant la vague, avec la sensation que le soleil d’automne continue de nous accompagner jusqu’à l’entrée de la ville. L’arrivée à Lyon, en début de soirée, laisse encore le temps de rendre la voiture sans précipitation et de dîner chez soi.
À savoir avant de partir
- Durée du trajet : environ 1 h 45 depuis Lyon, davantage les vendredis soir et les départs en vacances scolaires.
- Mieux vaut réserver la voiture de location quelques jours à l’avance, surtout en été.
- Le stationnement dans la vieille ville est limité : privilégier les parkings souterrains et marcher ensuite.
- La rive est est étroite : éviter de la parcourir à l’heure de pointe estivale.
- Prévoir une couche chaude même en été, car le soir tombe vite près de l’eau.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ, notamment pour les parkings et les remontées vers le col.
Ce week-end tient à une idée simple : laisser la voiture faire le travail de transport, puis s’en servir comme d’un outil pour s’arrêter là où l’on veut. Le lac d’Annecy récompense ce rythme-là mieux que n’importe quel itinéraire serré.



