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La route quitte la vallée du Rhône à hauteur de Montélimar, et soudain le paysage change de matière : le calcaire apparaît, les garrigues prennent la place des vergers, et la lumière devient plus sèche. Depuis Lyon, il faut compter environ 2 h 15 pour rejoindre Vallon-Pont-d’Arc, porte d’entrée des gorges de l’Ardèche. Ici, la voiture n’est pas un luxe : sans elle, les belvédères et les hameaux resteraient hors de portée.
Le trajet : la vallée du Rhône, puis la montée vers le plateau
Nous sommes partis de Lyon un samedi matin, avant que les files de vacanciers ne remplissent l’autoroute du Soleil. La section jusqu’à Montélimar passe vite quand on évite le vendredi soir et le samedi en milieu de journée l’été. Ensuite, la route quitte l’autoroute pour s’enfoncer dans l’Ardèche : Viviers, Aubenas ou Bourg-Saint-Andéol selon l’itinéraire, puis des départementales qui s’enroulent autour des collines.
Le passage à la voiture est ici assumé. Un train s’arrête à Montélimar, mais les gorges ne sont pas desservies, et les transports locaux restent rares hors saison. Louer un véhicule à Lyon ou partager un trajet en covoiturage, c’est accepter une part de logistique en échange d’une liberté totale une fois sur place. Les durées de conduite sont à vérifier selon l’itinéraire choisi.
Samedi : la route des gorges, belvédère après belvédère
Le plus beau de la journée tient à une seule route, la départementale qui longe la rive gauche des gorges et qui multiplie les aires de stationnement. À chaque arrêt, la vue change : le méandre de l’Ardèche en contrebas, les falaises de calcaire claire, le ruban d’eau vert qui s’étire entre les parois. Entre le Pont d’Arc et Saint-Martin-d’Ardèche, les belvédères se succèdent, chacun avec son petit parking en épi, et on les parcourt sans se presser.
Le Pont d’Arc lui-même, arche naturelle jetée sur la rivière, se visite à pied depuis un parking aménagé. Sa silhouette est plus massive qu’on ne l’imagine sur les photographies. Plus loin, la Cathédrale, le Serre de Tourre et le belvédère de la Madeleine offrent des points de vue plus ouverts. En fin d’après-midi, la lumière rasante dore les falaises et vide les parkings, ce qui rend le dernier arrêt particulièrement agréable.
Le déjeuner trouve sa place dans un village de pierre sèche, à l’ombre d’un mûrier, avec des produits locaux : châtaignes, fromages de chèvre, charcuteries. Nous n’avons pas cherché d’adresse célèbre ; un menu du jour sur une terrasse a suffi.
Entre deux belvédères, la journée prend un tempo particulier. On roule vingt minutes, on s’arrête dix, on remonte dans la voiture avec la chaleur du rocher encore sur la peau. Rien n’oblige à tout voir, et c’est justement ce que la voiture rend possible : sauter un arrêt trop fréquenté, revenir en fin de journée sur celui qui a plu, s’asseoir sur un muret avec une bouteille d’eau et regarder les vautours tourner au-dessus du canyon. La lenteur est ici une méthode, pas un défaut.
Le soir, après la fermeture des sites, la route des gorges se vide presque entièrement. Les ombres s’allongent, les falaises passent de l’ocre au rose, et la température devient enfin supportable. Si la fatigue de la conduite se fait sentir, mieux vaut regagner l’hébergement avant la nuit : l’éclairage est inexistant sur la plupart des tronçons et les virages ne pardonnent pas la distraction.
Où dormir
Le choix se fait entre Vallon-Pont-d’Arc, plus animé, avec ses commerces et ses loueurs de canoës, et un hameau isolé sur le plateau, plus calme, avec ciel étoilé et silence nocturne. Pour un week-end court, dormir à Vallon-Pont-d’Arc ou dans un village proche simplifie les trajets du lendemain. Les gîtes et chambres d’hôtes y sont nombreux, mais mieux vaut réserver à l’avance l’été, car les capacités d’accueil se remplissent vite.
Dimanche : l’eau, ou la grotte
Deux directions s’offrent. La première consiste à descendre la rivière en canoë, une demi-journée qui donne un autre regard sur les falaises ; les loueurs organisent le retour en navette, ce qui évite de reprendre la voiture. La seconde, plus tranquille, mène à la Grotte Chauvet 2, la réplique de la célèbre grotte ornée, qui se visite avec un guide et qui laisse une impression durable. Les deux se font mal le même matin : il faut choisir.
Nous avons préféré marcher dans les falaises, sur un sentier balisé qui descend vers la rivière depuis un des belvédères. La chaleur de midi invite à la pause, et l’on se retrouve à dîner de bonne heure, sur une terrasse avec vue, avant le retour.
Le retour : jouer avec la circulation
Le dimanche soir en été, la remontée vers Lyon par l’autoroute du Soleil concentre une grande partie des retours du Sud. Pour éviter l’embouteillage, mieux vaut partir tôt dans l’après-midi ou, au contraire, tard après le dîner. Nous avons choisi la deuxième option : un repas sans hâte, puis la route dans la fraîcheur du soir, avec l’autoroute plus fluide. À l’arrivée à Lyon, un peu après la tombée de la nuit, il reste le souvenir de la pierre chaude dans les mains.
À savoir avant de partir
- Trajet d’environ 2 h 15 depuis Lyon, davantage les samedis d’été et les week-ends de départ en vacances.
- Prévoir de l’eau et un chapeau : l’ombre est rare sur les belvédères.
- Le canoë se réserve à l’avance en haute saison ; les conditions de navigation dépendent du niveau de l’eau.
- Les routes des gorges sont étroites : conduire doucement, surtout en croisant des cyclistes.
- Carburant : faire le plein avant de quitter la vallée du Rhône, les stations se raréfient sur le plateau.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ, ainsi que les conditions d’accès à la grotte Chauvet 2.
Ce week-end s’organise autour d’un seul geste : suivre une route. Et la route des gorges est de celles qui justifient à elles seules le détour en voiture.



