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Il faut aimer les petites gares pour apprécier ce départ. À Lyon Part-Dieu, le quai du TER est moins solennel que celui des grandes lignes, avec ses banquettes colorées et ses voyageurs en baskets. Nous montons dans la rame, posons le sac sur les genoux, et la ville laisse place à une succession de zones industrielles puis de vignes. Environ 30 minutes plus tard, le train s’arrête à Vienne, au bord du Rhône, et le week-end commence sans avoir pris le temps de s’annoncer.
Comment y aller
Depuis Lyon, les TER pour Vienne partent de Part-Dieu et de Perrache et mettent environ 30 minutes. La fréquence est bonne en journée, ce qui rend l’aller-retour très facile. Depuis la gare de Vienne, le centre se rejoint à pied en quelques minutes, en suivant les rues qui descendent vers le fleuve. Nous avons toujours trouvé que ce trajet avait quelque chose de très simple : on achète le billet le matin même, on monte, on y est.
Comme pour tous les trajets de ce guide, les horaires et les durées sont à vérifier avant le départ.
Samedi : les pierres romaines
Vienne fut une cité romaine importante, et elle le montre sans ostentation. On commence par le théâtre antique, adossé à la colline : un grand demi-cercle de gradins qui domine la ville. L’endroit accueille des spectacles en été, mais, en dehors de ces dates, il est surtout un lieu de promenade et de silence. Assis sur la pierre, on voit les toits, le fleuve et les collines de l’autre rive.
En descendant vers le centre, on croise le temple d’Auguste et de Livie, un édifice de style romain remarquablement conservé, planté au milieu d’une place comme s’il y avait toujours été. Ensuite, la cathédrale Saint-Maurice, de pierre grise, offre un vaste vaisseau gothique, et l’église Saint-André-le-Bas, plus discrète, présente un cloître roman qui vaut une longue pause.
Le déjeuner se prend dans l’une des petites rues du centre ou près des quais. L’après-midi, la balade se poursuit en direction de la pyramide du Cirque, curieux monument de pierre isolé au bord d’une avenue. On n’a pas besoin de tout visiter : marcher dans la ville et s’arrêter où l’on veut, c’est déjà beaucoup.
Où dormir
Pour la nuit, le plus agréable est de rester dans le centre ancien ou près des quais, d’où l’on peut tout faire à pied. Vous y trouverez de petits hôtels, quelques chambres d’hôtes dans des maisons de pierre et des appartements de courte durée. Les adresses proches du Rhône ont l’avantage d’offrir des vues dégagées, tandis que celles autour de la cathédrale sont plus calmes le soir. Pour une nuit simple, nous avons toujours choisi la proximité de la gare, afin de ne pas surveiller l’horloge le dimanche.
Dimanche : le marché et le fleuve
Le dimanche matin, Vienne a la réputation d’accueillir un grand marché, installé sur les quais et dans les rues voisines, avec produits frais, fromages, olives et paniers de saison. Si vous visez cette matinée, vérifiez les jours et les horaires avant de partir, car ils peuvent varier. On y marche lentement, en se laissant guider par les odeurs, avec un sac qui se remplit de petites choses sans qu’on l’ait décidé.
Après le marché, la promenade sur les berges du Rhône prolonge la matinée. Le fleuve est large, lent, bordé de platanes, et l’on comprend pourquoi des gens viennent y pêcher ou y courir. Pour les plus actifs, il existe une voie cyclable le long du Rhône, qui permet de louer un vélo et de rouler quelques kilomètres sans effort. Le reste de la journée peut se passer à la terrasse d’un café, avec une lecture, jusqu’à ce que l’heure du train approche.
Le retour
Au retour, le TER est souvent plus calme que le matin, avec des familles qui ont les bras chargés de sacs de marché. La lumière du soir sur les vignes donne au trajet une qualité presque tendre. Environ 30 minutes plus tard, on retrouve Lyon, avec cette sensation d’avoir passé un vrai week-end sans l’avoir organisé comme une expédition.
Le rythme de ces deux jours
Ce qui frappe, d’un week-end à Vienne, c’est la manière dont les heures s’étirent. Sans voiture, sans liste de lieux à cocher, on avance au gré des places et des escaliers, et chaque pause devient une étape. Nous avons appris à laisser une plage vide dans l’après-midi du samedi, sans rien prévoir, pour qu’une rue prise au hasard puisse nous mener quelque part. C’est souvent là qu’on trouve ce dont on se souvient : une cour fleurie, un banc au soleil, un libraire qui range ses livres.
Le dimanche, mieux vaut ne pas viser un dernier train trop tardif, de façon à garder la soirée pour défaire le sac et préparer la semaine. Quitter Vienne en milieu d’après-midi laisse aussi le temps de repasser par le quai du Rhône, pour un dernier regard au fleuve.
À savoir avant de partir
- Acheter son billet à l’avance ou à la gare, les automates étant faciles à utiliser.
- Vérifier les jours d’ouverture des monuments et des musées, souvent fermés un jour par semaine.
- Consulter les dates des festivals d’été, qui peuvent modifier la fréquentation et les tarifs d’hébergement.
- Prévoir une veste coupe-vent, le vent du Rhône étant parfois vif.
- Prendre des chaussures confortables : les rues du centre montent un peu vers le théâtre.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Vienne est une ville sans ostentation, qui se donne à ceux qui prennent le temps de la regarder. Pour qui habite Lyon, c’est une évasion presque domestique, et c’est ce qui en fait le charme.



