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Le quai de la gare de l’Est sent le café tiède et le métal froid. Il est tôt, ce samedi, et les voyageurs en doudoune se répartissent le long de la rame sans se parler. Nous avons réservé nos billets la veille, avec un sac de petite taille chacun. Dans environ 45 minutes, le train nous déposera à Reims, et c’est cette brièveté qui change tout : on part comme on irait à un rendez-vous, sans la lassitude des longs trajets.
Comment y aller
Depuis Paris, la gare de l’Est est la porte d’entrée. La liaison directe en TGV dure environ 45 minutes ; le TER est un peu plus lent, mais il dessert la même gare. À l’arrivée, le centre-ville se trouve à quelques minutes à pied : on traverse la place devant la gare, on longe un jardin, et la ville s’ouvre. Le tramway existe si les valises sont lourdes, mais pour deux jours, on peut tout faire en marchant. Pas besoin de voiture, ce qui épargne la recherche de stationnement dans les rues du centre.
Le retour fonctionne dans l’autre sens, avec des départs réguliers dans la soirée. Les horaires et les durées sont à vérifier avant le départ, car ils varient selon les jours.
Samedi : la ville de pierre claire
On commence par la cathédrale Notre-Dame, parce qu’elle est là, au bout de la rue, et qu’elle impose son rythme. C’est le lieu où l’on sacrait les rois de France, et on le sent dès le parvis : la façade, couverte de statues, attire le regard vers le haut et ne le lâche plus. À l’intérieur, la lumière du matin traverse les vitraux et tombe en taches de couleur sur les dalles. Nous nous y sommes assis un long moment, sans rien dire, à regarder le bleu se déplacer sur la pierre.
À côté, le palais du Tau, ancienne résidence des archevêques, complète la visite pour qui aime les trésors de cathédrale. Ensuite, le déjeuner : les rues du centre ne manquent pas de tables simples, avec des plats de saison et du vin de la région au verre. On y mange sans hâte, puis on marche jusqu’à la basilique Saint-Remi, un peu à l’écart, plus silencieuse, dont l’intérieur large et sobre offre un contrepoint à la cathédrale.
En fin d’après-midi, une visite de cave s’impose, puisque Reims est la ville des grandes maisons de champagne. Plusieurs d’entre elles ouvrent leurs galeries creusées dans la craie, et la descente est un petit voyage en soi : l’air devient frais, le bruit de la ville disparaît, les murs sont blancs et les kilomètres de couloirs s’enfoncent sous les rues. Il est prudent de réserver avant d’arriver, surtout en haute saison.
Où dormir
Pour une nuit, le plus pratique est de rester dans l’hypercentre, entre la cathédrale et la place Drouet-d’Erlon, une longue avenue piétonne très vivante en soirée. Vous trouverez des petits hôtels familiaux, des chambres d’hôtes dans des maisons bourgeoises et quelques appartements à louer. Si le calme compte plus que l’animation, le quartier autour de la basilique Saint-Remi est plus tranquille, à dix ou quinze minutes de marche du centre. Nous avons toujours préféré la proximité de la cathédrale, pour pouvoir y retourner au petit matin, avant que les groupes n’arrivent.
Le soir, on se contente d’une promenade. Le centre de Reims est agréable à la nuit tombée, avec ses façades éclairées et ses terrasses chauffées l’hiver.
Dimanche : le jour lent
Le dimanche matin, la ville bouge moins. C’est le bon moment pour retourner sur la place de l’hôtel de ville, flâner dans les halles du Boulingrin si elles sont ouvertes ce jour-là, ou pousser jusqu’au canal et marcher sur ses berges. Les halles, de style Art déco, valent le coup d’œil pour leur architecture même quand on ne cherche rien à acheter.
Pour un autre aspect de la ville, la chapelle Foujita, petite et très décorée de fresques, surprend par son atmosphère tout à fait différente des églises gothiques. On y entre en dix minutes et on en ressort avec le sentiment d’avoir changé de siècle. Si le temps est clair, une promenade dans le parc de Champagne ou sur les coteaux voisins prolonge la matinée.
Le déjeuner du dimanche se prend sans se presser, puis vient l’heure du retour. Nous aimons garder le dernier créneau pour un café au soleil, dernier regard sur les tours de la cathédrale, avant de reprendre le chemin de la gare.
Le retour
Le train du dimanche en fin d’après-midi est souvent bien rempli, et c’est un bon argument pour réserver une place à l’avance. En moins d’une heure, on retrouve les voies de la gare de l’Est, avec dans le sac une bouteille ou un paquet de biscuits roses, et cette impression étrange d’avoir pris deux jours de vacances alors que le calendrier n’en comptait qu’un et demi.
À savoir avant de partir
- Réserver les visites de caves, qui affichent vite complet le week-end.
- Prévoir des chaussures confortables : le centre se parcourt à pied, et les pavés sont nombreux.
- Emporter une petite veste, car les caves sont fraîches même en été.
- Vérifier les jours d’ouverture de la cathédrale, du palais du Tau et des musées avant de fixer l’ordre des visites.
- Choisir un hébergement proche de la gare ou de la cathédrale pour ne pas dépendre d’un taxi.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ, ainsi que les éventuels travaux sur la ligne.
Un week-end à Reims tient dans un sac de petite taille : le plus lourd, ce sont les souvenirs.
Au fond, ce trajet de moins d’une heure donne une leçon discrète. Pas besoin de partir loin pour changer de rythme : il suffit parfois d’un quai, d’un train et d’une ville qui ne ressemble pas à la sienne.



