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Le TER en provenance de Strasbourg traverse la plaine d’Alsace d’un trait, entre champs plats et villages aux clochers pointus. À gauche, les Vosges commencent à dessiner leur ligne bleue, et le long des voies s’alignent des jardins ouvriers et des maisons à colombages. Nous avons pris ce train un samedi matin, sans réservation, avec dans le sac un carnet et un imperméable. Environ 35 minutes plus tard, nous descendons à Colmar, dont le centre historique se trouve à quelques minutes de marche.
Comment y aller
De Strasbourg à Colmar, le trajet en TER dure environ 35 minutes, avec des départs fréquents dans la journée. La gare de Colmar est à une dizaine de minutes à pied du centre, par une avenue plutôt simple. Il est possible de faire tout le week-end sans voiture, et c’est même agréable, car le centre est piéton et les ruelles sont étroites. Pour aller plus loin dans le vignoble, des bus et des vélos de location complètent l’offre.
Les horaires et les durées sont à vérifier avant le départ.
Samedi : le vieux Colmar
Le vieux Colmar se parcourt à petits pas. On commence par la maison des Têtes, façade sculptée de dizaines de visages, puis on se laisse dériver vers la collégiale Saint-Martin et les ruelles qui l’entourent. Les maisons à colombages sont peintes de couleurs pastel, et leurs encorbellements se penchent sur la rue comme pour écouter les passants.
Le quartier de la Petite Venise, bordé par la rivière Lauch, est le plus photographié. Il l’est pour de bonnes raisons : les façades se reflètent dans l’eau, les balcons débordent de fleurs, et l’on peut aussi y faire une promenade en barque. À éviter, si possible, aux heures de pointe en milieu de journée, car la foule y est dense. Nous avons préféré y retourner en fin d’après-midi, quand la lumière s’adoucit.
Le musée Unterlinden, installé dans un ancien couvent, abrite le retable d’Issenheim, chef-d’œuvre de la peinture du Moyen Âge. On y entre pour une heure ou deux, et l’on en ressort avec la sensation d’avoir vu quelque chose de rare. Prévoyez de vérifier les jours d’ouverture avant de vous y rendre.
Où dormir
Pour la nuit, on a le choix entre le centre historique et les abords de la gare. Dans le centre, de petits hôtels et des chambres d’hôtes occupent des maisons à colombages, souvent avec des escaliers étroits et des poutres apparentes. Le charme est évident, mais les chambres sont parfois petites. Près de la gare, les hébergements sont plus fonctionnels, plus simples d’accès, et conviennent aux départs matinaux. Pour un week-end, nous conseillons plutôt le centre, qui permet de profiter des rues désertes à la tombée de la nuit.
Dimanche : la route des vins
Le dimanche, on quitte la ville pour les villages du vignoble, tout proches. Eguisheim, Kaysersberg, Riquewihr : leurs noms sonnent comme une promesse, et leurs ruelles ne la trahissent pas. Sans voiture, on peut s’y rendre en bus depuis Colmar ou à vélo en suivant des itinéraires balisés, en comptant plusieurs heures. Le plus simple est de choisir un seul village et d’y passer la journée, plutôt que de les enchaîner.
À Eguisheim, par exemple, les maisons forment des cercles concentriques autour du château, et l’on tourne en rond avec plaisir. On y déjeune sur une terrasse, avec une flammekueche ou un plat de saison et un verre de riesling ou de gewurztraminer. Pour les marcheurs, des sentiers traversent les vignes entre les villages, avec une vue dégagée sur la plaine.
En fin d’après-midi, on redescend vers Colmar et la gare, avec dans les mains un petit pot de miel ou de confiture. Il reste le temps d’un dernier café.
Le retour
Le train de retour est un moment de calme. La plaine défile dans l’autre sens, la nuit tombe doucement, et l’on repense à la douceur des façades. En environ 35 minutes, on retrouve Strasbourg, avec la sensation d’avoir traversé deux ambiances en un seul week-end.
Une autre façon de goûter l’Alsace
À Colmar, la tentation est grande de tout voir en deux jours. Nous préférons choisir trois ou quatre lieux et leur laisser du temps, quitte à renoncer au reste. La cuisine alsacienne aide à ralentir : une choucroute, une tarte flambée ou une simple assiette de fromages se mangent sans hâte, et le repas devient une activité à part entière. Le soir, on peut s’installer dans un winstub, ces tavernes à l’ambiance chaleureuse, et finir la journée devant une tarte aux fruits de saison.
Si le dimanche est pluvieux, ce n’est pas une catastrophe. Les musées de la ville, les cafés et les petites boutiques de la vieille ville sont de bons refuges, et les canaux sous la pluie ont leur propre beauté.
À savoir avant de partir
- Éviter, si possible, la période des marchés de Noël pour une visite calme, ou réserver très tôt.
- Vérifier les jours d’ouverture du musée Unterlinden avant de planifier le programme.
- Prévoir un imperméable : le temps alsacien peut changer vite.
- Choisir un seul village du vignoble par journée, avec les liaisons de bus vérifiées à l’avance.
- Apporter de bonnes chaussures, les pavés étant nombreux.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Colmar est une ville qui se goûte à petites gorgées, comme le vin qu’on y produit. Entre ses canaux, ses villages et son TER si simple, elle est l’une des évasions les plus faciles à glisser dans un week-end sans calcul.



