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Le Perche depuis Paris : manoirs, bocages et petites routes

Par Thomas Painter 29 août 2026 5 min de lecture Trajet : environ 2 h depuis Paris
Le Perche depuis Paris : manoirs, bocages et petites routes

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Passé Chartres, le décor se dégrade en douceur : les champs de blé cèdent la place au bocage, les routes s’enroulent entre haies et vergers, et les maisons à colombages remplacent les fermes de la Beauce. Depuis Paris, le Perche se rejoint en environ 2 h, et c’est un pays qui se parcourt mieux au volant qu’à pied ou en train, tant ses manoirs, ses étangs et ses villages sont dispersés dans la campagne.

Le trajet : la nationale plutôt que l’autoroute

Nous avons quitté Paris un samedi à l’aube, par l’A11 en direction de Chartres, puis par des routes départementales vers Nogent-le-Rotrou et Mortagne-au-Perche. Le vendredi soir, le début du trajet est ralenti par les départs de week-end, et il est plus sage de partir tôt le matin. Le train dessert Nogent-le-Rotrou depuis Paris-Montparnasse, mais l’ensemble du pays reste difficile d’accès sans véhicule : les bus sont rares, et les hameaux isolés.

La voiture offre donc ici une vraie valeur. Elle permet de relier Mortagne, Bellême, Saint-Cosme-en-Vairais et les manoirs en un seul trajet, sans courir après un horaire. Pour qui ne possède pas de véhicule, la location depuis Paris reste la solution la plus simple, ou le covoiturage jusqu’à Nogent puis une voiture louée sur place.

Samedi : les manoirs et les bocages

Mortagne-au-Perche est une bonne première étape. La ville haute, avec sa porte Saint-Denis et ses rues étroites, se visite en une heure, et son marché du samedi matin, quand il se tient, est un bon moyen de s’imprégner du pays. Nous y avons acheté du fromage, du pain de campagne et des pommes, avant de reprendre la route vers l’ouest.

La route des manoirs forme le fil conducteur de la journée. Le Perche est parsemé de petites demeures du XVIe siècle, souvent cachées derrière des haies, parfois ouvertes à la visite ou aux expositions d’été. Il ne s’agit pas de tout voir : choisir deux ou trois étapes suffit. Nous avons marqué un temps d’arrêt devant un manoir de pierre rose, dont les tourelles se reflétaient dans un étang, sans pénétrer dans le parc, simplement pour regarder.

L’après-midi, la forêt de Bellême offre une pause en sous-bois. Ses chênes hauts, ses sentiers balisés et ses étangs forment un cadre idéal pour marcher une heure ou deux. Le silence y est remarquable, seulement troublé par des pics ou des feuilles qui tombent.

Au cours de cette journée, ce qui frappe, c’est l’absence de grand monument. Le Perche n’a pas de cathédrale à photographier ni de plage où s’étendre, et c’est précisément ce qui lui donne son charme : la richesse tient aux détails, un lavoir couvert, une grange à colombages, un pigeonnier qui penche. Il faut accepter de regarder petit, de s’arrêter plus souvent que prévu, et de laisser la voiture au bord d’un chemin pour marcher cinq minutes.

La lumière de fin d’après-midi, dans ce pays de bocage, est d’une douceur rare. Les haies découpent les prés en petites cases, et le vert prend mille nuances. Les jours de pluie, le paysage devient plus sombre mais plus intime, et un feu de cheminée dans une auberge prend alors tout son sens.

Où dormir

Le Perche se prête aux chambres d’hôtes plus qu’aux grands hôtels. On y trouve des maisons de pierre rénovées, des fermes et des anciens corps de ferme, souvent avec un jardin et un petit déjeuner de produits locaux. Notre choix s’est porté sur une chambre dans un hameau proche de Bellême : l’avantage est de dormir dans un vrai silence, de voir les étoiles, et de commencer le dimanche avec les poules dans la cour. Pour les adresses, mieux vaut réserver à l’avance, surtout l’été et lors des ponts.

Dimanche : étangs, vergers et petits villages

Le dimanche matin se prête à une promenade douce. Nous avons marché autour d’un étang, avec des hérons à distance et une brume qui se levait lentement. Ensuite, la route a mené à Saint-Cosme-en-Vairais, puis vers un verger où l’on vend du cidre, du jus de pomme et du pommeau. Ces petits producteurs ouvrent souvent le week-end, mais les jours et les heures sont à vérifier avant d’y aller.

Pour le déjeuner, une auberge de village a fait l’affaire : un plat du jour, du boudin noir aux pommes pour qui aime, une tarte tiède. Rien de sophistiqué, mais le plaisir de manger là où l’on est, dans un pays qui n’a pas besoin de décor.

Le retour : une route plus fluide qu’à l’aller

Le retour vers Paris s’est fait en milieu d’après-midi, par la même route. Le dimanche soir, la circulation sur l’A11 et la rocade sud de Paris peut ralentir, surtout au retour des vacances scolaires. Nous avons donc quitté le Perche vers 15 h, avec une dernière halte pour acheter quelques pommes à un producteur au bord de la route. L’arrivée à Paris, en fin de journée, laisse du temps pour dîner et pour reprendre le fil de la semaine, mais avec une pointe de campagne encore dans les vêtements.

À savoir avant de partir

  • Trajet d’environ 2 h depuis Paris, plus long en cas de circulation dense aux abords de la capitale.
  • Les routes sont étroites et peu éclairées : prudence de nuit, notamment à cause de la faune.
  • Le réseau mobile est irrégulier dans certains hameaux : télécharger une carte avant de partir.
  • Marchés, vergers et manoirs ont des jours d’ouverture variables : vérifier avant de se déplacer.
  • Prévoir des chaussures de marche, car les sentiers peuvent être humides.
  • Horaires et durées à vérifier avant le départ.

Le Perche n’est pas un week-end de visite, c’est un week-end d’immersion. Il demande une voiture pour y circuler, puis un rythme lent pour en profiter.

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