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À la gare de Lyon, le tableau des départs défile et l’on cherche le quai en traînant son sac. Nous avons choisi ce week-end-là sans raison précise, si ce n’est l’envie de marcher sous des arbres. Le train de banlieue grande ligne pour Fontainebleau-Avon met environ 40 minutes, et la fenêtre montre peu à peu la ville s’effilocher en jardins, puis en champs, puis en lisières sombres. Ce passage de la pierre au feuillage est, à lui seul, une bonne raison de partir.
Comment y aller
Depuis Paris, la gare de Lyon dessert Fontainebleau-Avon en environ 40 minutes. La gare est située à quelque distance du château : un bus urbain assure la liaison avec le centre-ville, et la marche reste possible pour qui n’a pas de bagages encombrants. Pas de voiture nécessaire pour ce week-end, ce qui est un atout dès que l’on veut passer la journée de dimanche dans la forêt avec un plan en poche.
Les horaires et les durées sont à vérifier avant le départ, d’autant que des travaux peuvent modifier les trajets certains week-ends.
Samedi : un château, puis la ville
On commence par le château de Fontainebleau, qui a abrité des souverains pendant plusieurs siècles. On y entre par la cour du Cheval-Blanc, grande et un peu austère, puis l’on découvre une succession de salles très décorées : la galerie François Ier, les appartements impériaux, la chapelle. Ce n’est pas un château de carte postale, plutôt un empilement d’époques, et on se perd volontiers dans ses couloirs. Prévoir deux bonnes heures, davantage si l’on aime les détails.
Les jardins prolongent la visite. Le grand parterre, l’étang aux carpes et le parc d’inspiration anglaise offrent un contraste agréable avec l’intérieur. Nous nous sommes assis sur un banc, face à l’eau, pour manger un sandwich acheté en ville, avec les gens du coin qui promenaient leur chien.
L’après-midi, la ville elle-même mérite une balade tranquille : ruelles autour de la rue Grande, boulangeries, petites librairies, façades de pierre blonde. Fontainebleau n’a pas l’agitation d’une capitale régionale, et c’est tant mieux. À la tombée du jour, on rentre à l’hôtel sans avoir rien d’urgent à faire.
Où dormir
Pour une nuit, le centre-ville de Fontainebleau est le choix le plus simple, à distance de marche du château et des restaurants. On y trouve des hôtels de taille modeste, quelques chambres d’hôtes dans des maisons à jardin et des locations de courte durée. Si vous souhaitez dormir plus près de la forêt, il existe aussi des gîtes et des petites adresses dans les villages voisins, mais cela suppose un vélo, un taxi ou une marche plus longue. Pour un premier séjour sans voiture, le centre est plus confortable.
Dimanche : la forêt de grès
Le dimanche est consacré à la forêt, vaste, très variée et sillonnée de sentiers balisés. Sa particularité tient aux blocs de grès, étranges rochers qui émergent des fougères et des pins. Les grimpeurs viennent les escalader, et les marcheurs y trouvent des promenades pleines de surprises, entre chaos rocheux, plateaux de bruyère et sous-bois de hêtres.
Pour une journée sans voiture, plusieurs options s’offrent à vous. On peut louer un vélo en ville, rejoindre à pied un sentier proche du centre, ou prendre un bus qui dessert quelques points d’entrée de la forêt. Nous avons choisi une boucle de quelques heures, avec une pause pique-nique sur un rocher exposé au soleil, et le silence n’était rompu que par le vent dans les branches. Une carte papier ou une application de randonnée hors ligne évite de se tromper de chemin, car les sentiers se croisent beaucoup.
En fin d’après-midi, on redescend vers la ville, les chaussures poussiéreuses, avec un goût de résine dans la tête. Il reste le temps d’un thé avant de rejoindre la gare.
Le retour
Le trajet retour, environ 40 minutes également, est un moment à part. Les jambes fatiguées, les joues un peu rouges, on regarde défiler dans l’autre sens les champs puis les premières banlieues. Quand on arrive gare de Lyon, la ville paraît soudain très bruyante, et c’est bon signe : le week-end a fait son travail.
Ce que l’on emporte
Un week-end entre château et forêt demande peu de choses, mais elles comptent. Dans notre sac : une gourde, un coupe-vent léger, des chaussures déjà portées, une carte ou un fichier hors ligne, et un petit en-cas pour la forêt. Les vêtements s’adaptent aux sorties : un pull pour le château, souvent frais, et une couche respirante pour les sentiers. Ajoutez un sac en plastique pour les chaussures sales avant de remonter dans le train.
Le samedi soir, nous aimons marcher un peu dans les rues autour du château, quand les visiteurs sont partis. Les grilles se referment, la pierre refroidit, et l’on mesure à quel point la ville vit à l’ombre de ce monument. Le dimanche matin, si le temps le permet, un tour du côté de l’étang avant de partir en forêt prépare la journée.
À savoir avant de partir
- Vérifier les jours de fermeture du château, qui varient selon la semaine et la saison.
- Prévoir de bonnes chaussures de marche, éventuellement des bâtons si les sentiers rocheux vous inquiètent.
- Emporter de l’eau et de quoi manger : les points de ravitaillement sont rares en forêt.
- Télécharger la carte de la forêt avant de partir, car le réseau mobile est irrégulier sous les arbres.
- Penser aux tiques en été et au printemps : pantalon long et inspection au retour.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Fontainebleau offre un week-end qui ressemble peu à ceux de la capitale. Moins de bruit, plus de pas, et une fatigue douce qui se transforme, en rentrant, en envie d’y retourner à une autre saison.



