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À Toulouse-Matabiau, la brique rose est partout, jusque dans les murs de la gare. C’est un départ très local : des étudiants, des familles, quelques voyageurs avec des sacs de montagne. On s’installe dans le train en direction d’Albi, et la plaine de la Garonne s’efface peu à peu pour laisser place à des champs de tournesols ou de blé selon la saison. Environ 1 h 10 plus tard, on descend à Albi, ville de brique elle aussi, mais plus ramassée, plus calme.
Comment y aller
Depuis Toulouse, la liaison ferroviaire jusqu’à Albi met environ 1 h 10 selon les trains. La gare d’Albi se trouve à une quinzaine de minutes à pied du centre, par une avenue qui descend vers la cathédrale. Pas besoin de voiture ni de transport local pour passer le week-end : tout se fait à pied, avec ici et là quelques côtes douces. Le billet s’achète sans difficulté, et la durée du trajet laisse le temps de lire un chapitre.
Les horaires et les durées sont à vérifier avant le départ, certains créneaux étant moins fréquents le dimanche.
Samedi : la cathédrale et le musée
On aperçoit la cathédrale Sainte-Cécile bien avant d’y arriver : sa masse de brique rouge, sans décor extérieur, domine la ville comme une forteresse. L’intérieur, très peint, offre un contraste saisissant avec la sobriété du dehors, tout en bleus et en ors, avec un jubé de pierre ouvragée. On y reste longtemps, la tête levée, à regarder les voûtes.
À côté, le palais de la Berbie, ancienne résidence des évêques, abrite le musée Toulouse-Lautrec, qui rassemble une grande partie de l’œuvre du peintre né à Albi. La visite est agréable même pour qui ne connaît pas bien son travail, et les jardins en terrasse du palais, ouverts sur le Tarn, sont un lieu de pause idéal. On y reste une heure à regarder la rivière.
Le déjeuner se prend dans le centre, où l’on trouve des tables simples proposant une cuisine du Sud-Ouest. L’après-midi, une promenade dans les ruelles du quartier médiéval permet de découvrir des maisons à colombages, des cours cachées et des boutiques d’artisans.
Où dormir
Pour la nuit, le centre historique, entre la cathédrale et le Tarn, est le plus agréable. On y trouve des hôtels de petite taille, des chambres dans des maisons anciennes et des locations de courte durée. Dormir à proximité de la cathédrale a un charme particulier : le soir, la brique prend des teintes orangées, et le matin, la lumière rasante en fait un décor de peinture. Les hébergements près de la gare sont plus pratiques pour le train, mais moins pittoresques. Nous avons préféré la marche du soir dans les rues vides, qui compense largement les quelques minutes supplémentaires jusqu’à la gare.
Dimanche : le Tarn et les berges
Le dimanche matin, on traverse le Pont-Vieux, pont de brique plusieurs fois centenaire, pour regarder la ville depuis l’autre rive. Les vues sur la cathédrale et sur les maisons qui bordent le Tarn sont parmi les plus belles de la ville. Sur la rive opposée, des sentiers de promenade longent l’eau, parfois à l’ombre des arbres, et l’on peut s’installer sur un banc pour lire.
Si vous aimez les marchés, vérifiez les jours d’ouverture de celui du centre avant de partir. Il s’y vend des produits locaux, des fromages et des légumes de saison, et l’on s’y laisse tenter par un panier. L’après-midi, un dernier tour au jardin de la Berbie ou dans les ruelles proches de la cathédrale prépare le retour.
Le retour
Le train du retour est souvent un bon moment pour trier les photos et les pensées. La campagne défile, plus douce dans la lumière du soir, et à l’arrivée à Toulouse, la ville paraît soudain très large. Environ 1 h 10 plus tard, on a retrouvé la brique rose de Matabiau, dans la même couleur mais avec un regard différent.
Un week-end sans se presser
Albi ne demande pas d’itinéraire serré. Le charme de la ville tient justement à sa petite taille, qui autorise les détours. Nous avons passé plusieurs heures sans véritable but, à longer les berges, à entrer dans une église ouverte, à regarder un artisan travailler dans son atelier. Le samedi soir, une promenade au bord du Tarn, quand la brique prend des reflets cuivrés, vaut tous les musées du monde.
Pour ceux qui aiment lire, le trajet en train est aussi un moment précieux. Environ 1 h 10 dans chaque sens, c’est assez pour avancer dans un roman sans que le temps ne pèse. Et si le dimanche soir arrive trop vite, on se console en pensant que la ville est toujours là, à portée de TER, pour un prochain week-end.
À savoir avant de partir
- Vérifier les jours de fermeture du musée Toulouse-Lautrec et de la cathédrale.
- Prévoir des chaussures confortables : le centre est vallonné et pavé.
- Réserver l’hébergement en avance pour les week-ends de festival et de vacances scolaires.
- Apporter une veste légère, les soirées pouvant être fraîches au bord du Tarn.
- Consulter les horaires de retour du dimanche, parfois moins nombreux.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Albi n’est pas une destination qui se consomme : elle se parcourt lentement, avec la brique pour fil conducteur. C’est un week-end qui convient à ceux qui aiment les villes de taille humaine, et à ceux qui en ont assez des grands boulevards.



