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À Strasbourg, le tram file jusqu’à la gare de Kehl, juste de l’autre côté du Rhin, et c’est là que commence vraiment le voyage. Le pont franchi, les affiches changent de langue, les distributeurs de billets aussi, et le train régional allemand attend déjà sur le quai. Il faut compter environ 1 h 30 à 2 h pour rejoindre Fribourg-en-Brisgau, avec un changement à Offenburg. Le paysage devient plus vallonné, la Forêt-Noire se dessine à l’est, et l’on a le sentiment étrange d’entrer dans une région qu’on connaît sans l’avoir jamais vue.
Comment y aller depuis Strasbourg
Deux chemins se présentent. Le premier consiste à rejoindre Kehl en tram depuis le centre de Strasbourg, puis à prendre un train régional allemand vers Offenburg, où une correspondance mène à Fribourg. L’ensemble dure environ 1 h 30 à 2 h, selon l’attente. Le second passe par un train direct depuis la gare de Strasbourg-Ville, quand l’horaire le permet, avec un trajet un peu plus court. Dans les deux cas, les horaires changent souvent et les trains allemands connaissent des retards, d’où l’intérêt de garder de la marge. Horaires et durées à vérifier avant le départ.
La gare de Fribourg se trouve à quinze minutes à pied de la vieille ville, ou à quelques arrêts de tram. On y marche volontiers, en traversant le quartier de la gare, plutôt banal, avant de déboucher sur les rues pavées du centre.
Samedi : les ruisseaux, la cathédrale, le marché
La première chose qu’on remarque à Fribourg, ce sont les Bächle, ces petits ruisseaux qui courent le long des rues pavées. Ils servaient autrefois à l’approvisionnement en eau et à la lutte contre les incendies, et ils font aujourd’hui partie de l’identité de la ville. La tradition dit que celui qui met un pied dedans épousera un habitant de Fribourg. Nous avons préféré contourner prudemment.
Au centre, la cathédrale en grès rouge domine la place, et son clocher ajouré compte parmi les plus élégants d’Allemagne. Le matin, un marché s’installe tout autour, et l’on y croise saucisses grillées, fruits de saison, fromages, fleurs. Prendre un en-cas debout, sur les pavés, devant la façade, est un petit rituel qui vaut le déplacement. Ensuite, on peut monter dans la tour, pour une vue sur les toits et la plaine, à condition d’accepter les marches étroites.
L’après-midi, on marche vers les portes médiévales : la Martinstor et la Schwabentor, vestiges des anciens remparts. Entre les deux, le quartier de la Gerberau, ancien quartier des tanneurs, longe un canal bordé de maisons basses et de terrasses. C’est l’un des coins les plus agréables de la ville pour s’attarder en fin de journée, avec une boisson chaude ou un verre de vin du Kaiserstuhl, la région viticole voisine.
Où dormir à Fribourg
Le centre historique, piéton pour l’essentiel, convient à une nuit dans une ville qu’on veut parcourir à pied. Les quartiers de la Gerberau et de la Schwabentor sont charmants, avec des maisons anciennes où l’on dort sous des poutres apparentes. Le quartier de Wiehre, plus résidentiel, offre des rues arborées et plus de calme, à quelques minutes de marche du centre. Nous évitons les environs immédiats de la gare, plus fonctionnels que plaisants. Une réservation à l’avance est utile les week-ends d’été, où la ville se remplit de randonneurs.
Dimanche : le Schlossberg et la Forêt-Noire
Fribourg se prête à une chose rare pour une ville de cette taille : on peut y passer de la rue à la forêt en une demi-heure. Le Schlossberg, la colline qui surplombe la vieille ville, se gravit par des chemins ombragés ou se rejoint par un petit funiculaire. Du sommet, la vue embrasse la cathédrale, le toit des maisons et la plaine d’Alsace au loin. Les promeneurs du dimanche s’y croisent, avec chiens et poussettes, et l’ambiance est celle d’un grand parc.
Pour aller plus loin, certains choisissent le Schauinsland, où une remontée mécanique mène à un sommet de la Forêt-Noire depuis les environs de la ville. Nous ne l’avons pas fait lors de ce week-end court, car la météo changeante rend l’excursion incertaine. Mieux vaut décider sur place, en fonction du ciel. Un déjeuner tardif, quelques pas dans les petites rues, puis un dernier café, et il est temps de rejoindre la gare.
Le retour
Le trajet retour reprend le même itinéraire, avec la même correspondance à Offenburg, et la même durée d’environ 1 h 30 à 2 h. Le dimanche soir, les trains sont souvent bien remplis, de randonneurs, d’étudiants, de familles. On a vite fait de s’assoupir contre la vitre, tandis que la nuit tombe sur le Rhin et que Kehl approche. Le tram final jusqu’au centre de Strasbourg s’avale presque sans y penser, et l’on rentre avec les jambes lourdes d’avoir beaucoup marché.
À savoir avant de partir
- Compter environ 1 h 30 à 2 h de trajet, avec un changement à Offenburg.
- Prévoir une pièce d’identité ; la frontière est ouverte mais les contrôles sont possibles.
- Vérifier les titres de transport valables sur les deux réseaux, car les billets ne sont pas toujours interchangeables.
- Penser à des chaussures de marche si l’on veut monter au Schlossberg.
- Se munir d’une veste, le temps changeant en bordure de la Forêt-Noire.
- Réserver le logement en été, la ville étant très fréquentée.
- Garder une marge en cas de retard sur le réseau allemand.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Fribourg ressemble à une ville qui aurait choisi de vivre doucement. On y vient pour marcher, regarder l’eau couler dans les rainures des rues, et laisser la forêt toute proche respirer à l’arrière-plan. C’est un week-end de peu d’événements, mais de beaucoup de petites satisfactions.



