Cet article peut contenir des liens affiliés. Si vous réservez un billet ou une chambre via ces liens, Deux Jours Ailleurs peut toucher une petite commission, sans frais supplémentaires pour vous. Comment ça marche.
À Strasbourg, le quai du TER pour Bâle est tourné vers le sud, et la lumière du matin y arrive de biais, sur les toits de la gare, sur les vitres. Le train longe la plaine d’Alsace, ses vignes en pente douce, ses villages à colombages, puis les cheminées de l’industrie annoncent déjà la frontière. Environ 1 h 20 plus tard, la gare de Bâle CFF accueille ses voyageurs dans un grand hall en pierre. L’ambiance a changé : les annonces se font en allemand, les trams sont d’un vert très net, et les horloges semblent plus exactes qu’ailleurs.
Comment y aller depuis Strasbourg
Le plus simple reste le train régional ou le train rapide au départ de Strasbourg-Ville, avec un trajet d’environ 1 h 20 à 1 h 40 selon le type de train et le nombre d’arrêts, parfois avec un changement à Mulhouse. L’arrivée se fait à la gare de Bâle CFF, côté suisse, ou à la gare de Bâle SNCF, côté français, selon les liaisons : il vaut mieux vérifier laquelle dessert votre horaire, car le contrôle des billets et la sortie diffèrent. Les horaires et durées sont à vérifier avant le départ. En voiture, le trajet dure environ 1 h 30 par l’autoroute, mais le stationnement en ville est contraignant, et le train évite ce souci.
Samedi : le Rhin, le Münster, la vieille ville
Notre première démarche est de descendre vers le Rhin. Bâle est une ville qui s’organise autour du fleuve, et l’on comprend vite pourquoi. Les habitants s’y baignent l’été, en se laissant porter par le courant, et des petits bacs sans moteur traversent d’une rive à l’autre, guidés seulement par la force de l’eau et un câble. C’est une manière tranquille de passer d’un côté à l’autre, sans aucun spectacle.
Depuis la terrasse du Münster, la cathédrale en grès rouge, la vue sur le fleuve est ample, avec la Forêt-Noire visible par temps clair. À l’intérieur, la lumière est sobre, et le cloître voisin offre un recoin silencieux. Plus bas, la Marktplatz et son hôtel de ville couleur rouge sang attirent les regards, avec leurs fresques colorées qui rappellent que Bâle fut longtemps un carrefour de commerce.
L’après-midi peut basculer vers la culture. Bâle compte une densité de musées remarquable pour sa taille : le Kunstmuseum pour la peinture, le musée Tinguely pour les machines cinétiques de Jean Tinguely, ou la Fondation Beyeler, un peu à l’extérieur, à Riehen, accessible en tram. On ne peut pas tout voir en une journée, et il vaut mieux choisir un seul musée plutôt que d’en enchaîner trois. Le reste du temps, on marche dans la vieille ville, entre ses fontaines et ses ruelles pavées.
Où dormir à Bâle
La question du logement est celle qui fait hésiter la plupart des visiteurs, car Bâle n’a pas la réputation d’être économique. Une solution consiste à dormir côté français ou allemand, à quelques minutes de tram ou de train, et à revenir pour la journée. Pour ceux qui préfèrent rester dans la ville même, le quartier du Petit-Bâle, sur la rive droite, offre une ambiance plus décontractée, avec ses bars et ses petites rues. La vieille ville est plus élégante mais plus chère. Dans tous les cas, mieux vaut réserver à l’avance et vérifier si la ville remet un titre de transport aux hôtes, ce qui est souvent le cas.
Dimanche : le quartier du Petit-Bâle et les bords du fleuve
Le dimanche, de nombreux commerces ferment, ce qui donne à la ville une allure de pause. C’est précisément le bon moment pour traverser le pont du Milieu et explorer le Petit-Bâle, plus populaire, avec ses cafés, ses quais végétalisés et ses petites boutiques. On peut y marcher le long du Rhin sur les berges aménagées, regarder les péniches passer, ou s’arrêter pour un café avec vue.
Si le temps le permet, une dernière visite à un musée ou au zoo de Bâle, l’un des plus anciens et appréciés du pays, occupe agréablement l’après-midi, surtout avec des enfants. Les amateurs d’architecture pourront passer un moment devant les bâtiments contemporains de la ville, signés par de grands noms internationaux, qui contrastent avec la vieille pierre rouge. On rentre ensuite vers la gare en traînant un peu, comme on le fait toujours à la fin d’un week-end réussi.
Le retour
Le retour vers Strasbourg prend le même temps, environ 1 h 20 à 1 h 40. On prend un train en fin d’après-midi, de façon à arriver avant la nuit, et l’on regarde la plaine d’Alsace se couvrir de brume, les villages s’allumer un à un. Nous avons parfois choisi de descendre à Colmar ou à Sélestat pour dîner, en rallongeant la soirée sans trop de détour. C’est une habitude que nous recommandons, tant ces deux villes se prêtent à une dernière balade au crépuscule.
À savoir avant de partir
- Compter environ 1 h 20 à 1 h 40 de trajet, avec ou sans changement à Mulhouse.
- Prévoir une pièce d’identité pour franchir la frontière suisse.
- Vérifier la monnaie : la Suisse n’utilise pas l’euro, bien que de nombreux commerces l’acceptent selon les cas.
- Se renseigner sur le titre de transport remis à l’hôtel, qui peut faciliter les trajets en tram.
- Choisir un seul musée par jour pour ne pas courir.
- Penser à dormir côté frontalier si le budget est serré.
- Vérifier les jours de fermeture des commerces, notamment le dimanche.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Bâle se mérite par sa discrétion. Ce n’est pas une ville qui s’impose, mais une ville qui se laisse découvrir, par petites touches : un reflet dans le fleuve, un pignon rouge, un tram silencieux. C’est ce rythme, mesuré et un peu austère, qui donne envie d’y retourner.



