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À trois heures et plus

Colmar depuis Paris : un week-end en Alsace, sans voiture

Par Thomas Painter 2 mai 2026 5 min de lecture Trajet : environ 3 h (TGV puis TER) depuis Paris
Colmar depuis Paris : un week-end en Alsace, sans voiture

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Au départ de la gare de l’Est, un vendredi soir, le train file à travers la Champagne puis la Lorraine, et la nuit tombe sur les champs. Il y a dans ce trajet vers l’est quelque chose d’austère, d’abord, puis, passé Strasbourg, un changement de ton : les gares prennent des noms en deux langues, les maisons des toits plus raides. À Colmar, on descend sur un quai propre et sobre, et le centre est à quelques pas.

Comment y aller

Le plus simple consiste à prendre un TGV de Paris-Est jusqu’à Strasbourg, ce qui prend environ 1 h 50, puis un TER de Strasbourg à Colmar, d’environ 35 minutes. Avec la correspondance, on compte environ 3 h au total. Certains trains peuvent relier Paris à Colmar avec un trajet un peu différent : tout dépend des jours. La durée varie, il vaut mieux consulter les horaires avant de réserver.

À Colmar, la gare se situe à quelques minutes à pied de la vieille ville. Pour les villages de la route des vins, un bus régional ou un vélo de location suffit. On se passe très bien de voiture, d’autant que la plaine d’Alsace est plate et se prête à la bicyclette.

Samedi : la vieille ville et les musées

Colmar se visite d’abord à pied, par le centre historique. Les maisons à colombages aux couleurs vives s’alignent le long de rues étroites, comme la Maison Pfister, ornée de sculptures et de balcons de bois, ou la Maison des Têtes, couverte de visages grotesques. Le quartier de la Petite Venise, au bord de la Lauch, rassemble des maisons aux balcons fleuris le long de l’eau, et l’on peut s’y promener en barque pour une courte durée.

Le musée Unterlinden, installé dans un ancien couvent, abrite le célèbre retable d’Issenheim, un chef-d’œuvre du début du XVIe siècle. Il vaut un long moment de silence, même pour qui n’est pas habitué aux musées. Le bâtiment a été agrandi par une extension moderne qui dialogue avec l’ancien cloître.

Le déjeuner se prend dans une winstub, la taverne traditionnelle alsacienne. On y mange de la choucroute, du baeckeoffe, de la flammekueche ou des spécialités de saison. Les portions sont généreuses, le service simple, et l’on repart avec la sensation d’avoir mangé pour deux jours.

L’après-midi peut se partager entre le marché couvert, la collégiale Saint-Martin et la visite de la cave d’un producteur. Le soir, la ville s’allume et ses façades prennent un ton doré, ce qui rend la promenade encore plus agréable.

Dimanche : la route des vins

Le dimanche, on sort de Colmar pour les villages du vignoble. Eguisheim, tout en rondeur, enroule ses rues en cercles concentriques autour de son château. Riquewihr, un peu plus loin, conserve un centre ancien entouré de remparts. Kaysersberg, enfin, est dominée par les ruines de son château et traversée par une rivière.

Les villages se rejoignent en bus, en vélo, ou en combinant les deux. À vélo, les pistes entre les vignes sont agréables et peu pentues, même si la chaleur de l’été se fait sentir. Dans chaque village, on peut s’arrêter dans une cave pour une dégustation de riesling, de gewurztraminer ou de pinot gris. Il faut penser à ne pas trop goûter si l’on pédale ensuite.

Entre deux langues, un autre rythme

Ce qui frappe à Colmar, c’est la lenteur des soirées. Les rues se vident tôt, les restaurants ferment sans bruit, et la ville retrouve un calme presque provincial. On y marche sans croiser grand monde après le dîner, le long des canaux, avec les façades éclairées par des lanternes. Cette tranquillité est l’un des cadeaux de l’Alsace, et elle contraste avec l’agitation du train de la veille.

Le dimanche matin, les cloches de la collégiale et du temple sonnent à quelques minutes d’écart, ce qui rappelle l’histoire religieuse mêlée de la région. Les boulangeries ouvrent tôt, et l’on peut acheter un kougelhopf, ce gâteau en forme de couronne que l’on emporte pour le goûter du train.

Où dormir

Le centre ancien de Colmar offre de nombreuses chambres d’hôtes et petits hôtels dans des maisons à colombages. Le quartier de la gare est plus pratique pour un départ matinal. On peut aussi loger dans l’un des villages du vignoble, plus calme mais moins bien desservi en soirée. Je ne cite aucun nom : mieux vaut comparer selon la date et vérifier la présence d’un ascenseur si besoin.

Le retour

Le dimanche en fin d’après-midi, on reprend le TER vers Strasbourg puis le TGV vers Paris. Le train s’enfonce dans la nuit lorraine avec, dans les sacs, une ou deux bouteilles de vin et un pain d’épices. C’est un retour sans excès, qui laisse le temps de réfléchir au charme particulier de cette Alsace, entre deux langues et deux histoires.

À savoir avant de partir

  • Vérifier la correspondance entre Strasbourg et Colmar au moment de réserver.
  • Réserver un restaurant le samedi soir, les winstubs affichent vite complet.
  • Pour les villages du vignoble, vérifier les horaires des bus du dimanche, souvent réduits.
  • En période de marchés de Noël, la ville est très fréquentée : réserver bien en avance.
  • Prévoir des chaussures confortables, les rues sont pavées.
  • Horaires et durées à vérifier avant le départ.

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