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Juste de l'autre côté

Lille Gand : un week-end belge au fil de l’eau

Par Thomas Painter 24 juin 2026 5 min de lecture Trajet : environ 1 h 30 depuis Lille
Lille Gand : un week-end belge au fil de l'eau

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À Lille-Flandres, le TER pour Courtrai part d’un quai latéral, un peu à l’écart de l’agitation des grandes lignes. Dans la voiture, quelques étudiants, des retraités avec un cabas, un cycliste qui a glissé son vélo dans l’espace prévu. Le train traverse la métropole, longe Roubaix et Tourcoing, puis la frontière passe sans bruit, signalée seulement par un changement de langue sur les panneaux. À Courtrai, il faut changer. Nous avons chaque fois apprécié cette petite pause, qui permet de respirer avant de rejoindre Gand.

Comment y aller depuis Lille

Il n’existe pas de liaison directe aussi simple que vers Bruxelles. La solution la plus courante consiste à prendre un train régional jusqu’à Courtrai, puis un train belge vers Gand-Saint-Pierre, pour un trajet total d’environ 1 h 30, correspondance comprise. Une autre possibilité passe par Bruxelles, avec le train à grande vitesse puis un train belge, ce qui peut convenir quand les horaires régionaux ne collent pas. La gare de Gand-Saint-Pierre se trouve à environ vingt-cinq minutes à pied du centre, ou à quelques arrêts de tram. Horaires et durées à vérifier avant le départ, surtout le dimanche, où la fréquence baisse.

Samedi : le centre médiéval au fil de l’eau

Gand se découvre à pied, et lentement. Nous commençons par la rive de la Lys, entre le quai aux Herbes et le quai au Blé, le célèbre ensemble de maisons à pignons qui se reflète dans l’eau. Le matin, la lumière y est plus douce et les terrasses ne sont pas encore pleines. Sur l’autre rive, le château des comtes dresse ses murs sombres, et l’on peut en faire le tour avant de décider si l’on entre. La visite vaut surtout pour la vue depuis les remparts et pour l’ambiance un peu austère des salles.

Le début d’après-midi appartient à la cathédrale Saint-Bavon, qui abrite le célèbre retable de l’Agneau mystique. Il faut prévoir un peu de temps et accepter qu’une partie de l’attention soit absorbée par la foule autour du polyptyque. Ensuite, on peut grimper au beffroi voisin pour embrasser les toits, ou simplement s’asseoir sur les marches de la place et regarder passer les vélos. Gand est une ville de cyclistes, et traverser une rue demande un minimum de vigilance.

La fin d’après-midi se passe volontiers dans le Patershol, ancien quartier ouvrier devenu quartier de tables. Les ruelles pavées y sont étroites, les maisons basses, et les restaurants occupent d’anciens ateliers. Sans citer d’adresse, nous conseillons de choisir un lieu qui affiche un menu court et des produits de saison, c’est en général un bon signe.

Où dormir à Gand

Pour une nuit, le centre historique est idéal : entre la place Saint-Jacques, le quartier du Patershol et les abords de la Lys, on dort au milieu des clochers. Les chambres y sont souvent petites, avec des escaliers raides, ce qui peut gêner avec une grosse valise. Le quartier de la gare de Gand-Saint-Pierre est plus pratique pour un départ matinal, mais moins charmant le soir. Une troisième option consiste à choisir un logement près du Korenmarkt, au cœur de la ville, en acceptant un peu de bruit le samedi soir.

Dimanche : marchés, galeries et canaux

Le dimanche matin, la place du Vendredi accueille parfois un marché et ses cafés ouvrent tôt. On peut s’y installer pour un petit déjeuner lent, avant de flâner vers le quartier de Saint-Michel, dont le pont offre l’une des plus belles vues sur les trois tours de la ville : l’église Saint-Nicolas, le beffroi et la cathédrale. C’est le panorama que beaucoup de visiteurs photographient, et il mérite l’effort.

L’après-midi peut s’orienter vers l’art contemporain, avec le musée des Beaux-Arts ou le STAM, musée de la ville, qui raconte l’histoire de Gand avec un sens du récit appréciable. Pour ceux qui préfèrent l’extérieur, une promenade en bateau sur les canaux, ou une balade dans le parc de la Citadelle, permet de reprendre son souffle avant le retour. On croise des étudiants sur l’herbe, des familles, des joggeurs. La ville, malgré son poids historique, reste jeune.

Et Bruges ?

Beaucoup de voyageurs pensent à Bruges en pensant à la Flandre, et la ville est réellement belle. Mais depuis Lille, un week-end à Gand offre une expérience moins muséifiée, où les habitants vivent encore dans le centre. Bruges se prête mieux à une journée d’extension, depuis Gand, en train, pour environ une demi-heure de trajet. Nous la gardons pour un autre week-end, lorsque la foule se sera calmée.

Le retour

Pour rentrer, nous prenons le train belge vers Courtrai, puis la correspondance vers Lille-Flandres. Le dimanche, la correspondance peut être serrée, et un retard belge se répercute côté français. On prévoit donc de partir de Gand avec une bonne marge, une heure environ avant l’horaire souhaité à Lille. Le trajet du retour a ce charme particulier : à travers la vitre, les champs plats défilent, les clochers s’éloignent, et la fatigue douce du week-end s’installe.

À savoir avant de partir

  • Compter environ 1 h 30 de trajet avec une correspondance à Courtrai, ou passer par Bruxelles si les horaires l’imposent.
  • Emporter une pièce d’identité, même si la frontière est ouverte.
  • Se munir de chaussures confortables : les pavés sont nombreux.
  • Réserver la visite de l’Agneau mystique à l’avance en haute saison.
  • Rester prudent avec les cyclistes, qui roulent vite et en nombre.
  • Choisir un logement au centre pour profiter des soirées.
  • Vérifier les horaires du dimanche, moins fournis que ceux de la semaine.
  • Horaires et durées à vérifier avant le départ, les perturbations étant possibles.

Gand n’est pas la ville qu’on visite pour cocher des monuments. C’est celle où l’on s’assoit au bord de l’eau en regardant passer les bateaux, en se disant qu’on aurait pu rester une nuit de plus. Cette envie de prolonger est sans doute le meilleur argument pour y revenir.

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