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À trois heures et plus

Honfleur depuis Lille : trois heures de route vers le Vieux Bassin

Par Thomas Painter 26 juillet 2026 5 min de lecture Trajet : environ 3 h depuis Lille
Honfleur depuis Lille : trois heures de route vers le Vieux Bassin

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Le départ de Lille se fait un vendredi après le travail, quand le périphérique commence à se vider. On s’engage vers Amiens, la voiture chargée de peu de choses, et la route s’étire dans les champs picards. Les éoliennes défilent, le ciel s’élargit. Vers Rouen, la lumière descend, et l’on traverse la vallée de la Seine à la nuit, les phares des camions alignés sur la bretelle. Puis le pont de Normandie s’élève, immense et léger, au-dessus de l’estuaire.

Comment y aller

Honfleur se trouve à environ 3 h de route de Lille, selon la circulation, en passant par Amiens, Rouen puis le pont de Normandie ou la rive sud de l’estuaire. Il n’existe pas de liaison ferroviaire directe : on pourrait passer par Paris, mais le trajet devient long et compliqué. La voiture reste la solution la plus simple, et c’est ici qu’elle se justifie pleinement.

Sur place, on gare la voiture dans l’un des parkings situés à l’entrée du centre ancien et on ne la reprend plus avant le départ. Honfleur est petite, tout se fait à pied, en dix minutes d’un bout à l’autre. Le stationnement est plus difficile en été et lors des week-ends de beau temps : arriver avant le milieu de la matinée évite les files.

Samedi : le Vieux Bassin, la ville en lenteur

Au matin, on rejoint le Vieux Bassin, le cœur de la ville. Les hautes maisons étroites, ardoisées, se reflètent dans l’eau où dorment les bateaux. C’est le décor que Boudin, Monet et d’autres ont peint, et on les comprend facilement. On fait le tour du bassin à pied, sans but, avant de remonter dans les rues voisines.

L’église Sainte-Catherine, entièrement en bois, a été construite par des charpentiers de marine, et sa voûte rappelle la coque d’un bateau retourné. Le clocher, bâti à côté, est séparé du corps de l’église, ce qui est rare et le rend très reconnaissable. Le musée Eugène-Boudin, près du port, présente les paysages de la côte normande et le travail de la lumière, avec des œuvres de peintres venus ici depuis le XIXe siècle.

Pour le déjeuner, la tradition locale est simple : fruits de mer, moules, poisson grillé, tarte normande. Les terrasses du quai Sainte-Catherine sont les plus belles mais aussi les plus touristiques. En s’éloignant de quelques rues, on trouve des tables plus calmes.

L’après-midi, un détour par les rues qui montent vers la chapelle Notre-Dame-de-Grâce, sur la hauteur, donne une vue sur l’estuaire et le pont. On y croise les marins et les familles qui font le pèlerinage depuis longtemps. En redescendant, on passe devant les ateliers d’artistes et les galeries, qui sont nombreux.

Dimanche : l’autre rive, Deauville et Trouville

Le dimanche, on prend la voiture pour un court trajet vers Trouville-sur-Mer et Deauville, de part et d’autre de la Touques. Trouville garde l’esprit d’un port de pêche, avec son marché aux poissons au bord de l’eau et ses rues plus populaires. Deauville, juste en face, offre les célèbres planches, le casino et les cabines de plage aux noms d’acteurs. On marche sur les planches, on s’assoit un moment face à la mer, on revient par le pont.

Pour une version plus verte, l’arrière-pays du pays d’Auge propose des routes de cidre et de calvados, avec des fermes qui vendent leurs produits à la bouteille. Un déjeuner en ferme-auberge est une manière agréable de finir le week-end, à l’ombre d’un pommier. Avant de s’y aventurer, il vaut mieux prévoir qui conduit au retour si l’on goûte les produits.

Ce que la voiture change au rythme du week-end

Partir en voiture depuis Lille a une conséquence directe : on choisit son heure. Un départ le samedi à l’aube évite les bouchons et permet de déjeuner à Honfleur. Un départ le vendredi soir donne deux vraies matinées sur place, mais impose une arrivée tardive. Dans les deux cas, il vaut mieux faire une pause à mi-chemin, vers Rouen, pour couper la route en deux. Quelques kilomètres avant l’estuaire, une aire permet de s’arrêter et de regarder le pont de loin.

Une fois la voiture garée, le week-end ralentit. On marche, on regarde l’eau monter et descendre dans le bassin, on s’assoit sur un banc. La marée rythme les journées, et la lumière change toutes les heures sur les façades d’ardoise. Voilà tout l’intérêt de l’endroit : un lieu où l’on a le temps de remarquer ces petits changements.

Où dormir

Le centre de Honfleur compte de nombreuses petites chambres d’hôtes dans d’anciennes maisons à pans de bois. Elles sont charmantes, mais les chambres sont souvent petites et les escaliers raides. Les quartiers un peu à l’écart, autour de la côte de Grâce, offrent plus de calme et souvent un stationnement plus aisé. Je ne cite aucun établissement : choisir selon la date et vérifier la place de parking avant de réserver.

Le retour

On quitte Honfleur le dimanche en fin d’après-midi, avant que la circulation des retours de week-end ne se resserre. Le pont de Normandie s’efface dans le rétroviseur, la Seine vient, puis la route de Picardie. On arrive à Lille tard, avec encore dans les vêtements l’odeur du port et du bois mouillé.

À savoir avant de partir

  • Prévoir environ 3 h de route, davantage avec la circulation du vendredi soir.
  • Se renseigner sur le stationnement avant d’arriver, surtout par beau temps.
  • La météo normande change vite : un vêtement de pluie est utile même en été.
  • Si l’on prévoit une dégustation de cidre ou de calvados, désigner la personne qui conduira.
  • Réserver le logement longtemps à l’avance pour les week-ends de beau temps.
  • Horaires et durées à vérifier avant le départ.

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