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Sans voiture

Dijon depuis Lyon, un week-end à pied sur la route de la chouette

Par Thomas Painter 13 avril 2026 5 min de lecture Trajet : environ 2 h depuis Lyon
Dijon depuis Lyon, un week-end à pied sur la route de la chouette

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Sur le quai de Lyon Part-Dieu, un samedi de fin d’été, le train de Dijon arrive avec cette lenteur tranquille des trains que l’on prend sans hâte. On s’installe, on pose le sac sur le porte-bagages, et la Saône apparaît dès la sortie de la ville, large, verte, bordée de peupliers. Le trajet dure environ 2 h, avec ou sans changement selon l’horaire, et l’on traverse la Bresse, puis la Bourgogne, dont les premiers coteaux se devinent déjà par la vitre.

Dijon est l’une de ces villes françaises que l’on découvre mieux à pied qu’en voiture. Le centre historique, entièrement piéton, est à dix minutes de la gare, par la rue Guillaume-Tell puis la rue de la Liberté. Les façades de pierre claire, les toits de tuiles vernissées, les hôtels particuliers composent un décor homogène, et l’on avance avec la sensation d’entrer dans un livre d’histoire dont les pages seraient encore tièdes.

Comment y aller depuis Lyon

La liaison Lyon-Dijon est assurée par des TER et des trains plus rapides, avec parfois un changement à Mâcon ou à Chalon-sur-Saône. Comptez environ 2 h dans les deux cas. La gare de Dijon-Ville est bien située, à une dizaine de minutes à pied du centre. Pour le dimanche, un tramway moderne dessert la ville, et les bus régionaux permettent de rejoindre Beaune ou Nuits-Saint-Georges, pour ceux qui voudraient prolonger la découverte vers les vignobles de la Côte-d’Or.

Sur place, on n’a besoin de rien d’autre que de bonnes chaussures. Le centre se parcourt en un après-midi, mais on y revient volontiers le lendemain, tant il y a de recoins à explorer.

Samedi : la vieille ville et la route de la chouette

On commence par la place de la Libération, grand hémicycle de pierre devant le palais des ducs de Bourgogne, qui abrite aujourd’hui le musée des Beaux-Arts. L’entrée du musée se fait par la cour d’honneur, et ses salles, vastes et claires, conservent un ensemble remarquable de peintures et de sculptures médiévales, notamment les tombeaux des ducs. On y passe facilement une heure, et l’on en ressort ralenti, comme après une longue conversation.

Ensuite, on suit le parcours de la chouette, un chemin balisé par des clous de bronze sur le sol, qui conduit à travers les principaux monuments de la ville. L’animal, sculpté sur un mur de l’église Notre-Dame, est un porte-bonheur : on le touche de la main gauche en faisant un vœu. Les rues alentour sont bordées de maisons à colombages, de boutiques de moutarde et de pain d’épices, d’enseignes anciennes. On avance sans carte, simplement en suivant les petits clous.

Le déjeuner se prend aux halles, œuvre de métal du XIXe siècle conçue dans l’atelier de Gustave Eiffel, où l’on trouve fromages, charcuteries et pâtisseries. L’après-midi, la tour Philippe le Bon se gravit par un escalier étroit, d’où la vue sur les toits colorés vaut l’effort. On finit la journée au jardin Darcy, petit parc paisible, avant de rejoindre un restaurant du centre pour goûter un plat de la région : œufs en meurette, bœuf bourguignon, jambon persillé, selon l’humeur.

Une nuit : où dormir sans voiture

Dormir à Dijon sans voiture est simple, car la ville est dense et bien desservie. Les hôtels du centre piéton sont les plus pratiques : on y arrive à pied depuis la gare, on en repart à pied, et le soir on rentre sans se soucier du stationnement. Le quartier de la gare propose des adresses moins chères, tout aussi bien situées pour qui veut rejoindre le train le dimanche soir. Les chambres d’hôtes, plus rares en centre-ville, se trouvent plutôt dans les quartiers résidentiels, à une quinzaine de minutes à pied.

Dimanche : le marché, le canal et la balade vers les vignes

Le dimanche matin, une partie du centre se vide, et l’on peut flâner sans croiser grand monde. Les cafés ouvrent doucement, les boulangeries sentent le pain, et le canal de Bourgogne, qui borde le port du canal, offre un chemin plat pour marcher ou rouler. En été, des pédalos et des bateaux de promenade animent le bassin, tandis que les promeneurs profitent de l’ombre des platanes.

Si l’on a le temps, un détour par la colline de la Motte-Giron permet une promenade dans les vignes proches de la ville, sans quitter l’agglomération. Ceux qui préfèrent le train peuvent rejoindre Beaune en une petite demi-heure, et visiter les hospices, célèbres pour leurs toits en tuiles vernissées. Le trajet est simple, mais il demande de bien calculer son retour, car le dimanche, les trains sont moins fréquents.

Le retour

Le retour se fait de nouveau par la Saône, que l’on retrouve avec plaisir en fin de journée. La lumière, rasante, s’accroche aux champs de maïs et aux villages, et les arbres projettent de longues ombres sur la voie. On arrive à Lyon vers la tombée de la nuit, avec les jambes un peu lourdes et la tête pleine de rues. Dijon est une ville que l’on quitte sans déchirement, mais que l’on garde en mémoire comme un bon livre.

À savoir avant de partir

  • Durée du trajet Lyon-Dijon : environ 2 h, avec ou sans changement.
  • La gare de Dijon-Ville est à une dizaine de minutes à pied du centre historique.
  • Le musée des Beaux-Arts ferme généralement un jour par semaine : le vérifier avant de venir.
  • Prévoir de bonnes chaussures : le parcours de la chouette fait plusieurs kilomètres.
  • Pour Beaune, vérifier les horaires du dimanche, souvent plus restreints.
  • En été, les terrasses se remplissent tôt : réserver pour le dîner du samedi.
  • Les horaires et les durées sont donnés à titre indicatif : horaires et durées à vérifier avant le départ.

Pour un week-end sans voiture, Dijon coche presque tout : compacte, belle, accessible, nourrissante. On y va pour la pierre, pour la table, pour le temps que l’on prend à regarder. Et l’on revient en se disant qu’on a pris deux jours, mais qu’il en faudrait quatre.

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