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Le train quitte Lyon Perrache ou Part-Dieu dans la lumière pâle du samedi, et la banlieue se défait lentement derrière la vitre : entrepôts, voies de garage, jardins ouvriers, puis les premiers champs. Pour Chambéry, on compte environ 1 h 30 selon le train choisi, avec un changement possible. La fin du trajet est la plus belle : les montagnes se rapprochent, le Granier apparaît, massif et net, comme un mur posé au bout de la plaine.
Chambéry n’est pas la ville savoyarde que l’on cite en premier, et c’est ce qui la rend agréable. Elle a le calme d’une préfecture de montagne, des rues piétonnes soignées, des passages couverts, des fontaines discrètes. Et surtout, elle donne accès au lac du Bourget et à Aix-les-Bains par des trains courts, ce qui permet de composer un week-end entier sans jamais prendre le volant.
Comment y aller depuis Lyon
La liaison Lyon-Chambéry est fréquente, avec des trains directs et des correspondances par Ambérieu. Le trajet dure environ 1 h 30, parfois moins avec un train rapide. La gare de Chambéry est située à dix minutes à pied du centre. Pour le dimanche, une ligne locale relie Chambéry à Aix-les-Bains en une vingtaine de minutes environ, et l’on peut poursuivre en bus vers le bord du lac.
Ceux qui aiment le vélo y trouveront aussi leur compte : des itinéraires balisés relient la ville au lac, sur des voies dédiées. Mais la marche suffit largement pour un premier séjour.
Samedi : les rues couvertes et la ville ancienne
On commence par le centre, que l’on parcourt à pied en une matinée. La fontaine des Éléphants, avec ses quatre colosses de bronze, sert de point de repère : on y revient plusieurs fois sans s’en rendre compte. Les rues piétonnes autour, aux façades d’ocre et de beige, conduisent aux traboules savoyardes et aux petites cours cachées derrière des portes lourdes. Ces passages, parfois couverts, sont l’une des particularités de la ville et ils se découvrent sans carte.
Le château des ducs de Savoie domine le centre. On peut y entrer pour la visite guidée, ou se contenter d’en faire le tour par les rues voisines et de lever la tête. À proximité, la cathédrale Saint-François-de-Sales surprend par son intérieur peint en trompe-l’œil, étonnant pour une église de cette région. On s’y attarde un moment, dans le silence frais, avant de reprendre la rue.
Pour déjeuner, la région propose une cuisine simple et copieuse, à base de fromages et de charcuteries, de pommes de terre et de pain. On la goûte sans cérémonie, dans l’une des brasseries ou petits restaurants de la vieille ville. L’après-midi, un détour par le musée des Charmettes permet de comprendre pourquoi Rousseau a vécu ici : la maison de campagne, sur les hauteurs, offre un bon contraste avec l’agitation du centre. Le chemin, d’environ 25 minutes à pied depuis la ville, traverse des jardins et des rues calmes.
Une nuit : où dormir sans voiture
Pour une nuit, on choisit un hébergement dans le centre piéton ou près de la gare, afin de tout faire à pied. Les hôtels de taille modeste et les chambres chez l’habitant sont nombreux, surtout autour de la rue de Boigne et de la place Saint-Léger. Le soir, la ville est calme, presque silencieuse, et l’on s’endort sans bruit de circulation. Les hébergements sur les hauteurs, plus nombreux en été, supposent un trajet en bus ou à pied de plusieurs minutes, ce qui peut compliquer un retour tardif.
Dimanche : Aix-les-Bains et le lac du Bourget
Le dimanche, on prend le train pour Aix-les-Bains, environ 20 minutes de trajet. La gare se trouve à dix minutes à pied du centre thermal et du bord du lac. On marche vers le port, on longe la promenade, on regarde les bateaux et les voiliers. Le lac du Bourget, le plus grand lac naturel entièrement français, s’étire à perte de vue, et les montagnes qui le bordent donnent au paysage une profondeur presque théâtrale.
Selon la météo, on peut y passer la matinée à marcher ou à se reposer sur la plage, puis déjeuner sur le port. L’après-midi, la balade se poursuit jusqu’aux jardins du casino ou vers les thermes, témoins d’une tradition de villégiature qui date du XIXe siècle. Pour les plus actifs, une location de vélo permet de suivre la piste cyclable qui longe la rive, vers le sud, avec quelques points de vue sur la dent du Chat.
Le retour
Le retour se fait par Chambéry ou directement depuis Aix-les-Bains, selon les trains. Le dimanche en fin d’après-midi, les wagons se remplissent de promeneurs, de sacs à dos et de vélos pliés. On regarde le lac s’éloigner, puis la plaine se refermer sur les voies, et le train s’enfonce dans le crépuscule en direction de Lyon. On arrive avec une fatigue douce, sans cette lassitude spéciale que laissent les routes bouchées du dimanche soir.
À savoir avant de partir
- Durée du trajet Lyon-Chambéry : environ 1 h 30, avec ou sans changement.
- Chambéry-Aix-les-Bains : environ 20 minutes, ligne locale régulière.
- Vérifier si le château ouvre à la visite guidée le jour choisi.
- Prévoir des chaussures confortables : la ville est pavée par endroits.
- En hiver, certains hébergements de bord de lac ferment : choisir plutôt Chambéry comme base.
- Pour la plage du lac, prévoir une serviette, même au printemps, le temps change vite.
- Les horaires et les durées sont donnés à titre indicatif : horaires et durées à vérifier avant le départ.
Ce week-end tient en trois lieux et deux trains, mais il laisse le sentiment d’avoir exploré une région entière. Chambéry est une ville que l’on découvre plus qu’on ne la visite, et le lac du Bourget, juste à côté, offre ce que l’on attend d’un dimanche : de l’eau, de l’air, et quelqu’un pour vous rappeler de ne pas être pressé.



