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Le quai de Lyon Part-Dieu sent le café tiède et le métal froid, à l’heure où les premiers voyageurs du samedi tirent leurs valises sur le sol lisse. On a pris le train pour Annecy en début de matinée, sans voiture, sans plan serré, avec un sac de toile et une paire de chaussures de marche. Le trajet dure environ deux heures, avec ou sans correspondance selon les horaires, et la fenêtre se charge peu à peu de collines, de villages posés sur des replis, puis de la silhouette plus nette des Alpes.
Annecy a une qualité rare pour un week-end sans voiture : la gare se trouve à quelques minutes à pied de la vieille ville et du lac. Il n’y a donc aucune logistique à inventer. On sort, on traverse, et l’eau apparaît au bout d’une avenue, plus claire qu’on ne l’imaginait.
Comment y aller depuis Lyon
Depuis Lyon, la liaison ferroviaire est directe sur certains horaires et avec un changement sur d’autres, notamment par Aix-les-Bains ou Culoz. Comptez environ 2 h dans les deux cas, parfois un peu plus. Il vaut mieux choisir un départ avant 10 h : on gagne l’après-midi entière au bord du lac, et la lumière de fin de matinée est la plus belle pour la première marche.
Une fois sur place, tout se règle à pied ou à vélo. Les loueurs de vélos se trouvent près de la gare et du lac, et la piste cyclable qui longe l’eau est l’une des plus fréquentées de France. Pour le dimanche, la navette urbaine et les bateaux de la compagnie lacustre prolongent le rayon d’action sans que l’on ait besoin de conduire.
Samedi : la vieille ville et le tour du bord de l’eau
On dépose le sac à l’hébergement si l’accueil le permet, sinon à la consigne de la gare, et l’on commence par la vieille ville. Le Palais de l’Île, ancienne prison posée sur le Thiou, se photographie depuis le pont, mais il se comprend mieux en longeant le canal à pas lents. Les rues autour sont étroites, les façades colorées, les arcades basses ; la rue Sainte-Claire et ses boutiques se parcourent en une demi-heure si l’on résiste aux vitrines.
Le déjeuner se prend volontiers sur le pouce, au marché si l’on est là le bon jour, ou dans une petite adresse des ruelles. On ne s’attarde pas : l’après-midi appartient au lac. On marche vers le Pâquier, grande pelouse qui sert de salon à toute la ville, puis vers l’Impérial et le Jardin de l’Europe, avant de poursuivre sur la rive. Les bancs, les saules et les pontons invitent à ralentir, et l’on comprend vite que la vraie activité du samedi consiste à regarder l’eau changer de couleur.
En fin de journée, on peut monter jusqu’au point de vue du Semnoz si le temps est clair, mais cela demande un trajet en bus ou un effort sérieux à pied ; une alternative plus simple consiste à grimper vers le château, qui domine la vieille ville et offre un panorama honnête sans trop d’efforts. Le dîner se prend ensuite dans le quartier, sans réservation lointaine, à l’heure où les terrasses se remplissent de conversations basses.
Une nuit : où dormir sans voiture
Pour ne pas dépendre d’un véhicule, mieux vaut dormir dans la vieille ville ou dans le quartier de la gare, deux zones où l’on peut tout faire à pied. Les petits hôtels et les chambres d’hôtes du centre sont pratiques, mais ils se remplissent vite en saison, il faut donc s’y prendre à l’avance. Le quartier du Pâquier et de l’Impérial est plus calme, avec un accès direct au lac pour le lendemain matin. On évite les hébergements éloignés dans les hauteurs, charmants mais difficiles à rejoindre sans voiture le soir.
Dimanche : à vélo vers le fond du lac
Le dimanche matin, le lac appartient aux cyclistes et aux promeneurs. On loue un vélo près de la gare, on suit la piste qui passe par Sevrier, et l’on avance sans effort sur un terrain presque plat. Le rythme est celui de la conversation : on s’arrête sur une plage, on regarde passer les parapentes, on repart quand l’envie vient. Environ une heure de pédalage tranquille suffit pour atteindre les premiers villages de la rive ouest, et le retour se fait par le même chemin ou par un bateau en cas de fatigue.
Ceux qui préfèrent la marche peuvent rester sur la rive est, vers Veyrier-du-Lac, où le sentier longe les maisons et les jardins. Là encore, aucune voiture n’est nécessaire, à condition d’accepter que le dimanche soit lent. On déjeune au bord de l’eau, on lit un peu, on laisse la chaleur monter. Vers le milieu de l’après-midi, on rend le vélo, on récupère le sac et l’on marche vers la gare avec cette légère fatigue des journées bien employées.
Le retour
Le train du dimanche soir est souvent plein, surtout en été et pendant les vacances scolaires. On réserve son billet à l’avance pour avoir une place assise. À mesure que le lac disparaît derrière une courbe, les montagnes se fondent dans le gris du soir, et l’on rentre à Lyon avec l’impression d’avoir passé bien plus que deux jours loin de chez soi. C’est le principal intérêt du format : tout tient entre deux gares, et rien n’oblige à conduire à la fin d’un dimanche déjà long.
Le bon week-end sans voiture est celui où la gare d’arrivée fait déjà partie du voyage.
À savoir avant de partir
- Durée du trajet Lyon-Annecy : environ 2 h, avec ou sans changement selon l’horaire.
- Réserver son hébergement tôt si l’on vise un week-end d’été ou de vacances scolaires.
- Prévoir une veste légère : le vent du soir sur le lac rafraîchit vite, même en juillet.
- Louer le vélo le samedi après-midi ou le dimanche matin, selon la météo et les envies.
- Emporter de l’eau et une casquette pour la piste cyclable, peu ombragée par endroits.
- Vérifier les travaux éventuels sur la ligne avant de réserver : certains week-ends, des bus remplacent le train.
- Les horaires et les durées sont donnés à titre indicatif : horaires et durées à vérifier avant le départ.
Annecy est une destination facile, presque trop pour qui cherche l’aventure. Mais pour un premier week-end sans voiture, elle prouve qu’on peut quitter une grande ville le samedi matin et s’asseoir au bord d’un lac à la fin de la matinée, sans avoir ouvert une seule application de navigation. Le plaisir vient surtout de cette simplicité retrouvée, de ces deux jours où l’on marche, où l’on pédale, où l’on regarde.



