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Vendredi, 17 h 50, Lyon Part-Dieu. Le TGV pour la Provence affiche complet, et sur le quai on repère déjà ceux qui partent pour le même soleil : lunettes sur le front, sacs de toile, une bouteille d’eau pour deux. J’ai réservé ma place trois semaines avant, c’est l’unique précaution qui compte. Avignon, environ une heure et demie plus tard.
Le trajet : Lyon vers Avignon, environ 1 h 30
La ligne suit la vallée du Rhône vers le sud. Le train passe Valence, puis Montélimar, et le paysage change peu à peu : les peupliers s’alignent, les toits deviennent plus plats, la lumière jaunit. Selon les trains, la durée est d’environ une heure et demie à deux heures. À l’arrivée, la gare Avignon-Centre est à deux pas des remparts, à cinq minutes à pied de la porte de la République. Il existe aussi une gare TGV à l’extérieur de la ville, reliée par navette : bien vérifier laquelle dessert votre train.
- Départ : Lyon Part-Dieu, vendredi en fin d’après-midi
- Durée : environ 1 h 30 en TGV, davantage en TER
- Arrivée : Avignon-Centre ou Avignon TGV, selon le train
Le vendredi soir : franchir la porte des remparts
On entre dans Avignon par la porte de la République, puis la rue du même nom, large artère qui conduit à la place de l’Horloge. À 21 h, le soir est tiède, même en octobre, et les terrasses restent ouvertes. Les remparts se devinent plus qu’ils ne se voient, pierre ocre sous les lampadaires, et le Palais des Papes surgit tout à coup au bout d’une rue, énorme, silencieux.
On dépose le sac et l’on marche vers la place de l’Horloge. Un verre de vin des Côtes-du-Rhône en terrasse, une assiette à partager, et le premier soir se referme avec l’impression de s’être déjà beaucoup éloigné de Lyon, alors que la distance est courte.
Où dormir : intra-muros, côté Banasterie ou Teinturiers
Dormir à l’intérieur des remparts change tout. Les quartiers de la Banasterie et de la rue des Teinturiers sont deux options fiables : plus calmes que la place de l’Horloge, bordés de façades anciennes. La rue des Teinturiers longe un petit canal avec d’anciennes roues à aubes, et le soir elle a un charme particulier. Les hébergements intra-muros sont souvent des maisons d’hôtes ou de petits hôtels, parfois avec des escaliers étroits : à garder en tête pour un sac lourd.
Samedi : palais, rocher et marché
Le samedi commence par les Halles d’Avignon, marché couvert connu pour son mur végétal. Le matin, on y sent l’olive, le fromage de chèvre, le pain de campagne. On y achète de quoi déjeuner dehors.
Puis le Palais des Papes, que l’on visite avec calme : cours, salles immenses, fresques, vue sur la ville depuis les terrasses. Il faut compter plusieurs heures, et vérifier les horaires d’ouverture avant de venir. À la sortie, le rocher des Doms offre un jardin en hauteur avec vue sur le Rhône et le pont Saint-Bénezet, le fameux pont d’Avignon, dont il ne reste que quelques arches. Le pique-nique se prend là, sur un banc, face au fleuve.
L’après-midi, on peut s’éloigner un peu : la collection Lambert, musée d’art contemporain installé dans un hôtel particulier, ou une simple marche dans la rue des Teinturiers. Le soir, les petites places du centre se remplissent, et l’on dîne dans une ruelle, sous les platanes, sans programme.
Dimanche : de l’autre côté du Rhône
Pour varier, on traverse le fleuve à Villeneuve-lès-Avignon, accessible en bus ou en vélo depuis le centre. La ville est calme, plus petite, dominée par le fort Saint-André et la chartreuse. On y marche dans de vieilles rues, avec vue sur Avignon depuis la rive d’en face. Cette perspective, en contrebas du Palais, rappelle que la ville est avant tout une cité de fleuve.
Si l’on préfère rester en ville, le dimanche est le bon jour pour la lenteur : un café sur la place Pie, un tour du côté de la rue des Teinturiers, un déjeuner sans hâte. Le mistral, s’il se lève, impose son rythme, et l’on accepte d’avancer à contre-vent.
Le retour : le train de fin d’après-midi
Le retour vers Lyon se fait en fin d’après-midi, vers 17 h. Les wagons sont chargés de sacs, de bouteilles, de paniers. Le train remonte le Rhône dans une lumière rasante, et l’on arrive à Part-Dieu vers 19 h, avec un reste de chaleur sur la peau. Même en octobre, on garde un peu du Sud dans le col du manteau.
Un mot sur le rythme
En Provence, même à deux heures de chez soi, le temps ne s’écoule pas de la même façon. Le soir de l’arrivée, on n’a rien d’autre à faire que s’asseoir et regarder la lumière baisser sur la pierre. Le samedi, la chaleur ou le vent règlent le programme mieux que n’importe quel guide. J’ai appris à laisser une marge, à ne rien réserver de serré, et à garder la fin d’après-midi pour les bords du fleuve. C’est la meilleure assurance contre l’impression d’avoir couru d’un monument à l’autre. Ici, le plaisir vient surtout de la manière de passer les heures.
À savoir avant de partir
- Vérifier les horaires et durées avant le départ, surtout le vendredi soir, où l’affluence est forte.
- Réserver les places de train à l’avance : les TGV du vendredi se remplissent vite.
- Confirmer la gare d’arrivée (Avignon-Centre ou Avignon TGV) pour éviter une navette inutile.
- Se renseigner sur les horaires d’ouverture du Palais des Papes et sur les jours des Halles.
- Prévoir un coupe-vent : le mistral peut se lever en toute saison.
- Emporter de bonnes chaussures pour les pavés et les montées du rocher des Doms.
Les durées sont données à titre indicatif : horaires et durées à vérifier avant le départ.



