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Le quai de la gare Saint-Lazare est encore à moitié vide quand le train du samedi matin s’aligne le long du panneau d’affichage. Un café tiède dans une main, le sac à dos léger sur l’épaule, on trouve sa place côté fenêtre. Paris se défait lentement derrière la vitre : les entrepôts, les voies de garage, puis les boucles de la Seine qui reviennent et disparaissent. Rouen se trouve à environ 1 h 30 de là, et c’est exactement la distance qu’il faut pour sentir qu’on part sans avoir l’impression de déménager.
Comment y aller depuis Paris
Depuis Paris, le plus simple est le train : les départs se font de la gare Saint-Lazare, et le trajet dure environ 1 h 30 selon le type de train choisi. Les services directs sont fréquents dans la journée, ce qui laisse la liberté de partir sans réservation anxieuse, même si prendre son billet à l’avance reste prudent le vendredi soir et le dimanche. À l’arrivée, la gare de Rouen-Rive-Droite se trouve à une petite marche du centre historique, au bout d’une longue rue qui descend vers la Seine.
Sur la route, on peut aussi choisir la voiture, environ 1 h 30 à 2 h par l’autoroute de Normandie, mais le centre de Rouen est dense et le stationnement demande de la patience. Pour un week-end de deux jours, le train a un avantage décisif : on arrive déjà dans la ville, au pied des ruelles, sans jamais penser à un parking.
| Départ | Durée | Mode |
|---|---|---|
| Paris Saint-Lazare | environ 1 h 30 | train |
| Paris, par l’autoroute | environ 1 h 45 | voiture |
Samedi : la ville aux cent clochers
On laisse le sac à l’hôtel, ou à la consigne si la chambre n’est pas prête, et on descend directement vers la rue du Gros-Horloge. Elle est pavée, étroite, bordée de maisons à colombages qui penchent un peu les unes vers les autres. L’horloge dorée enjambe la rue sur son arche, et c’est le point de repère qui sert tout le week-end : quand on se perd, on retrouve l’horloge.
La cathédrale Notre-Dame est à deux pas. Sa façade gothique, que Monet a peinte à des heures différentes de la journée, change vraiment de couleur : grise le matin, presque dorée en fin d’après-midi. On y entre pour le silence, pour la hauteur, puis on ressort dans la lumière un peu plus lentement qu’on n’y était entré.
Le déjeuner se prend autour de la place du Vieux-Marché, là où Jeanne d’Arc a été condamnée en 1431. Un marché y a lieu certains jours de la semaine, avec ses étals de produits normands : fromages, cidre, pommes, beurre. Une église moderne en forme de coque de bateau renversé, Sainte-Jeanne-d’Arc, s’élève au bord de la place, avec ses vitraux anciens récupérés d’une église détruite pendant la guerre. C’est surprenant et cela vaut le détour.
L’après-midi appartient aux musées. Le musée des Beaux-Arts, face au square Verdrel, possède une belle collection impressionniste et une section consacrée aux peintres normands. Le Gros-Horloge se visite aussi, avec son beffroi dont on monte les marches pour voir toute la ville aplatie, les toits d’ardoise, la flèche de la cathédrale, la Seine au loin.
Pour le soir, une rue comme la rue Martainville ou le quartier autour de la place Saint-Marc donne des tables sans prétention, souvent remplies de gens du coin. On dîne tôt, on marche encore un peu le long des quais, et le bruit de l’eau fait le reste.
Dimanche : les quais et l’abbaye
Le dimanche a un autre rythme. On prend son temps au petit-déjeuner, puis on marche vers l’Aître Saint-Maclou, un ancien cimetière de peste dont les galeries en bois sculpté de têtes de mort et d’os croisés frappent par leur étrangeté. L’entrée est discrète, au fond d’une cour, et on en ressort avec le sentiment d’avoir lu une page d’histoire très directe.
Le reste de la matinée se passe au bord de l’eau. Les quais rive gauche se parcourent tranquillement, avec des péniches amarrées, des joggeurs, des familles sur les bancs. En cherchant un point de vue, on peut monter vers la côte Sainte-Catherine, d’où la ville s’étale dans le méandre de la Seine : le panorama est large, les cheminées des anciennes usines de la rive d’en face rappellent le passé industriel du port.
Pour ceux qui aiment les ruines, l’abbatiale Saint-Ouen vaut un arrêt : plus aérée que la cathédrale, avec sa nef très claire. Son jardin public voisin accueille volontiers un pique-nique improvisé si le temps s’y prête.
Où dormir à Rouen
Deux types d’adresses fonctionnent bien. Un petit hôtel ou une chambre d’hôtes dans le centre historique, entre la cathédrale et la place du Vieux-Marché, permet de tout faire à pied et de rentrer se reposer l’après-midi. Si l’on préfère un quartier moins touristique, la rive gauche, près des quais, offre des chambres plus simples, avec le calme du soir au bord de l’eau. Dans les deux cas, on évite de réserver trop loin du centre : la valeur d’un week-end court se mesure aussi au nombre de pas qu’on n’a pas à faire.
Le retour
Le train du dimanche soir est souvent plein, et on le sait. Mieux vaut un départ en fin d’après-midi, quand la ville se vide, que le dernier horaire. On reste ainsi un dernier café sur la place, on achète un pot de cidre ou un fromage pour le ramener, puis on remonte la rue vers la gare. La Seine reparaît par la fenêtre, plus sombre, et Paris revient doucement dans le noir : les mêmes entrepôts, les mêmes voies de garage, mais le regard a changé.
À savoir avant de partir
- Réserver son billet de train quelques jours avant le départ si possible, surtout pour le retour du dimanche.
- Prévoir de bonnes chaussures : les rues pavées du centre sont jolies mais fatigantes.
- Vérifier les jours d’ouverture des musées, souvent fermés le lundi ou le mardi.
- Emporter un vêtement contre la pluie : le temps normand change vite.
- Pour le marché de la place du Vieux-Marché, se renseigner sur les jours exacts.
- Un sac léger suffit pour deux jours, et la consigne de la gare dépanne si la chambre n’est pas prête.
Rappel utile : les horaires et les durées sont à vérifier avant le départ, ils varient selon la période et les travaux sur la ligne.



