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À deux heures

Honfleur en voiture depuis Paris : deux jours autour du Vieux-Bassin

Par Thomas Painter 7 avril 2026 6 min de lecture Trajet : environ 2 h 15 depuis Paris
Honfleur en voiture depuis Paris : deux jours autour du Vieux-Bassin

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Le périphérique est derrière nous quand la lumière change. Sur l’autoroute de Normandie, vers sept heures du matin un samedi, les camions se font rares, le ciel s’ouvre au-dessus des champs, et la radio capte à peine une chanson avant de basculer sur la météo marine. Honfleur est à environ 2 h 15 de Paris en voiture, un peu plus si l’on tombe sur la circulation du départ de week-end. On arrive par le pont de Normandie, immense, presque trop beau pour être vrai, et le petit port de pêche se dévoile en bas.

Comment y aller depuis Paris

La voiture reste la solution la plus directe : environ 2 h 15 par l’autoroute A13 puis la route qui descend vers l’estuaire. Il est préférable de partir tôt le samedi ou en fin de matinée du vendredi si l’on peut, pour éviter la file au péage. Une fois sur place, on laisse la voiture dans un grand parking à l’entrée de la ville, et on ne la touche plus de tout le week-end : le centre se parcourt en quelques centaines de mètres.

Sans voiture, il faut combiner : un train de Paris Saint-Lazare jusqu’à Lisieux ou Deauville-Trouville, puis un car régional jusqu’à Honfleur. Le total dépasse volontiers les 3 h, et les correspondances demandent un peu de patience. C’est faisable, mais l’intérêt de Honfleur en week-end court tient aussi à la liberté de rouler ensuite vers la côte voisine.

Départ Durée Mode
Paris environ 2 h 15 voiture
Paris, avec correspondance environ 3 h train + car régional

Samedi : le Vieux-Bassin et la lumière

On gare la voiture, on marche, et la ville se compose d’un coup. Le Vieux-Bassin est un rectangle d’eau où se reflètent de hautes maisons étroites aux façades d’ardoise, serrées comme des livres sur une étagère. Les bateaux de plaisance se balancent doucement, les terrasses des quais sont déjà occupées. Il fait gris, il fait clair, selon les heures, et c’est justement ce qui a fait de la ville un lieu de peintres : Boudin, Monet et Jongkind ont tous posé leur chevalet ici.

Le matin, on explore le quartier Saint-Léonard. L’église Sainte-Catherine, bâtie en bois de charpentiers de marine, a un clocher séparé de la nef : la forme est étrange, les voûtes ressemblent à deux coques de navire retournées. On peut y passer un quart d’heure sans voir le temps filer.

Le déjeuner se prend face au port, sur une terrasse où l’on commande ce que la mer a donné le matin : poisson, moules, crevettes grises. L’après-midi, direction le musée Eugène-Boudin, sur le plateau qui domine le port : on y découvre des paysages de ciel, de plage et de mer, et on comprend ce que « la lumière de Honfleur » veut dire quand on ressort et qu’elle fait tout à fait le même effet sur le quai.

La fin de journée se passe le long de la jetée, puis dans les ruelles étroites où s’alignent des boutiques de produits normands : caramels, cidre, calvados. Pas besoin d’acheter, il suffit de regarder, de flâner, d’arriver à l’heure où le soleil tombe sur l’estuaire et colore le pont de Normandie au loin.

Dimanche : la Côte de Grâce et l’estuaire

Le dimanche matin, on monte à la chapelle Notre-Dame-de-Grâce, sur la hauteur, en voiture ou à pied par un chemin ombragé. Le point de vue sur l’estuaire est large : on voit l’eau s’élargir vers la Manche, le pont en fil de fer d’un côté, les cargos qui remontent vers Rouen de l’autre. La petite chapelle abrite des ex-voto de marins, modestes et touchants.

Si le temps le permet, un détour par la côte voisine complète bien la journée. Trouville et Deauville sont à une petite demi-heure de route, avec leurs planches de bord de mer et leurs plages immenses ; on peut s’y promener une heure, avant de revenir déjeuner à Honfleur ou de repartir directement. Le marché du samedi matin de Honfleur, sur la place Sainte-Catherine, est connu pour ses étals de fromages et de légumes : si l’on arrive le samedi, c’est le bon moment pour y passer.

On garde l’après-midi pour ne rien faire de précis. Une glace sur le quai, un dernier tour du Vieux-Bassin, un livre ouvert sur un banc. Le week-end court donne ici sa vraie leçon : une petite ville se lit mieux en s’y attardant qu’en la visitant.

Où dormir à Honfleur

Pour une nuit, on a le choix entre un petit hôtel de charme du centre, souvent installé dans une ancienne maison d’armateur, et une chambre d’hôtes en haut de la ville, vers la Côte de Grâce, plus calme et plus verte. Le centre, autour du Vieux-Bassin, est idéal pour dîner et rentrer à pied ; il peut être bruyant le samedi soir. La hauteur offre du silence, un petit-déjeuner dans un jardin, et la voiture à portée de main. Dans les deux cas, mieux vaut s’y prendre à l’avance pour les week-ends ensoleillés.

Le retour

Le retour vers Paris se prépare : le dimanche en fin de journée, la circulation s’épaissit à l’approche de l’agglomération. On part plutôt vers quinze ou seize heures, pas plus tard, ou bien on décale au lundi matin tôt si l’emploi du temps le permet. Sur le pont de Normandie, on regarde une dernière fois l’estuaire dans le rétroviseur, puis la route redevient droite et grise, et la radio reprend les bouchons de la région parisienne.

À savoir avant de partir

  • Prévoir un coupe-vent : le vent de l’estuaire est frais, même en été.
  • Stationner dans les parkings de l’entrée de ville plutôt que sur les quais, où tout est vite saturé.
  • Réserver le dîner du samedi soir, surtout en saison.
  • Se renseigner sur les jours de fermeture du musée Eugène-Boudin.
  • Prévoir du liquide ou une carte pour les petits commerces du centre.
  • Prendre ses chaussures de marche pour le sentier de la Côte de Grâce.

Rappel utile : horaires et durées à vérifier avant le départ, la circulation et les correspondances varient beaucoup selon la période.

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