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Sans voiture

Avignon depuis Lyon, un week-end entre remparts et île du Rhône

Par Thomas Painter 11 décembre 2025 6 min de lecture Trajet : environ 1 h 15 en train rapide depuis Lyon
Avignon depuis Lyon, un week-end entre remparts et île du Rhône

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Descendre vers le sud en train, c’est regarder la lumière changer. À Lyon, le ciel est encore un peu laiteux ; à la hauteur de Valence, il s’éclaircit ; et passé Montélimar, on sent presque la chaleur à travers la vitre. Le trajet jusqu’à Avignon dure environ 1 h 15 en train rapide, jusqu’à 2 h 30 environ par les TER omnibus. On choisit selon le temps dont on dispose, mais la rapidité n’est pas toujours une vertu : la vallée du Rhône, vue de la fenêtre, vaut aussi pour sa lenteur.

La gare d’Avignon-Centre est située juste devant les remparts, à quelques minutes à pied de la porte de la République. Cette proximité est un cadeau pour qui voyage sans voiture : on franchit la porte, on s’engage dans la rue du même nom, et l’on se retrouve au cœur d’une ville médiévale, bruyante de platanes et de cigales en été.

Comment y aller depuis Lyon

La liaison Lyon-Avignon est assurée par des trains directs, d’une durée d’environ 1 h 15 à 1 h 30, et par des TER plus lents avec arrêts. Il est utile de comparer les horaires et de choisir un départ avant 10 h, pour avoir le temps de déjeuner sur place. La gare TGV, située à quelques kilomètres du centre, est reliée à la ville par une navette régulière. La gare du centre, elle, est accessible directement par les TER.

Sur place, tout se fait à pied ou à vélo. La ville est plate, entourée de remparts, et les distances sont courtes. Pour le dimanche, un pont permet de rejoindre à vélo l’île de la Barthelasse, vaste étendue de prairies et de vergers entre deux bras du Rhône.

Samedi : le palais des Papes, les remparts, la rue des Teinturiers

On entre dans la vieille ville par la rue de la République, qui débouche sur la place de l’Horloge. Le palais des Papes se découvre un peu plus haut, sur la place du même nom, et sa masse de pierre claire en impose, plus encore le matin quand la lumière est rasante. La visite, qui dure environ une heure et demie, parcourt les salles, les chapelles, les cours intérieures. On en ressort étourdi par les proportions, par l’idée qu’une papauté a pu s’installer ici au XIVe siècle.

Au-delà, le rocher des Doms offre un jardin suspendu au-dessus du Rhône, d’où l’on voit le pont Saint-Bénézet, le fameux pont d’Avignon, interrompu au milieu du fleuve. Le point de vue est l’un des plus beaux de la ville, surtout en fin d’après-midi quand le soleil descend. La rue des Teinturiers, le long de la Sorgue, avec ses roues à aubes et ses terrasses ombragées, offre ensuite une promenade paisible. Les boutiques d’artisans y côtoient les cafés, et l’on s’y arrête volontiers pour un verre.

Pour déjeuner, les halles d’Avignon, avec leur mur végétal, sont une bonne adresse : on y trouve tout ce que le Sud donne de meilleur, olives, fromages de chèvre, fruits, pains. Le dîner se prend plutôt sur une petite place, à l’heure où la ville s’anime et où les ruelles se remplissent de musique. En été, le festival de théâtre transforme la ville en scène géante, mais l’affluence est alors considérable et mieux vaut réserver de longs mois à l’avance.

Une nuit : où dormir sans voiture

Pour une nuit, on cherche un hébergement dans l’intra-muros, à distance de marche de la gare et des principaux sites. Les petits hôtels de charme, nichés dans les hôtels particuliers, sont plus beaux que pratiques, avec des escaliers étroits et des chambres parfois sans ascenseur. Les chambres d’hôtes, plus nombreuses côté sud, offrent souvent un patio à l’ombre. Le quartier des Teinturiers est agréable mais bruyant le soir ; le quartier de la gare est moins joli mais plus calme.

Dimanche : l’île de la Barthelasse et Villeneuve-lès-Avignon

Le dimanche matin, on quitte les remparts par la porte de l’Oulle et l’on traverse le Rhône à pied ou à vélo, par le pont Daladier. De l’autre côté, l’île de la Barthelasse déroule ses prairies, ses vergers et ses chemins ombragés, avec une vue sur la ville qui se dessine de loin comme une gravure. On y marche longtemps sans croiser personne, et l’on déjeune à l’ombre d’un platane, avec un pique-nique acheté aux halles la veille.

Un peu plus loin, Villeneuve-lès-Avignon, de l’autre côté du fleuve, se rejoint à pied ou en bus. Le fort Saint-André et la chartreuse du Val-de-Bénédiction y racontent une autre histoire, plus discrète, de la région. La balade permet de prendre de la hauteur, de regarder Avignon à distance, de comprendre comment la ville s’inscrit dans le Rhône. On rentre vers le centre en milieu d’après-midi, lentement, avec la sensation d’avoir vécu plus qu’un week-end.

Le retour

Le train du retour traverse la vallée dans la lumière tombante. Les cyprès, les champs de lavande en été, les villages perchés défilent par la vitre, puis le Rhône s’élargit et l’on remonte vers Lyon. Environ 1 h 15 plus tard, on retrouve le quai de Part-Dieu, un peu plus bruyant, un peu plus gris, et l’on emporte avec soi quelques centaines de mètres de chaleur du Sud. C’est le meilleur argument d’Avignon : elle n’est pas loin, elle est facile, et elle change le ton de la semaine suivante.

À savoir avant de partir

  • Durée du trajet Lyon-Avignon : environ 1 h 15 en train rapide, jusqu’à environ 2 h 30 en TER omnibus.
  • La gare d’Avignon-Centre est à quelques minutes à pied des remparts.
  • En juillet, le festival remplit la ville : réserver très en avance ou choisir une autre saison.
  • En été, prévoir de l’eau, un chapeau et de l’écran solaire : les remparts renvoient la chaleur.
  • Le mistral peut rendre les ponts et les berges inconfortables : un coupe-vent aide.
  • Le palais des Papes a des horaires variables selon la saison : à vérifier.
  • Les horaires et les durées sont donnés à titre indicatif : horaires et durées à vérifier avant le départ.

Avignon est un week-end facile, qui a l’avantage d’être à la fois historique et ensoleillé. On y marche sans effort, on y mange sans cérémonie, on y reste le temps qu’il faut. Et le train, du début à la fin, fait tout le travail.

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